le scandale modiglianiIl existerait quelque part un tableau de Modigliani inconnu. Voilà une rumeur qui met le petit monde de l'art londonien en émoi... A l'origine de cette information, une étudiante en histoire de l'art qui aimerait beaucoup dénicher le mystérieux tableau...

Ne dites pas que vous n'étiez pas prévenus ! Ken Follett nous le dit dès le départ : ce roman n'est pas franchement celui qu'il voulait initialement écrire. Et s'il ne le trouve plus aussi râté aujourd'hui que lorsqu'il l'a écrit, il semble malgré tout admettre qu'il manque quelque chose à l'histoire pour en faire un vrai bon roman... A partir de là, ne soyez pas étonné si les critiques que vous en lirez font plutôt état de déceptions que de belles surprises...

Il faut dire aussi que Ken Follett nous a habitué à du grandiose avec Les Piliers de la terre ! Même si j'ai lu il y a un paquet d'année Le réseau Corneille, je ne considère pas que je connaisse l'oeuvre de cet auteur. Il m'est donc compliqué de le comparer aux autres romans qu'il a pu écrire, mais il n'empêche que je ne peux que me joindre à l'idée ambiante que Le Scandale Modigliani n'est pas le meilleur Ken Follett, et sans doute pas celui à lire si l'on veut découvrir cet auteur... A se demander pourquoi ce livre, publié en langue anglaise en 1976, n'est paru en France que l'an dernier... Un effet de la diffusion de la série sur Canal ?...

Bref. Et si je vous expliquais un peu ce qui est bien, et ce qui est moins bien dans ce roman... Déjà, j'avoue m'être un peu perdue entre tous les personnages, alors qu'au final, il y en a bien moins que dans le pavé suscité et dans lequel je me suis baladée les mains dans les poches... Mais en même temps, ces personnages sont plutôt atypiques au final... L'étudiante en art qu'on pourrait imaginer intello et coincée s'avère une dangereuse intrigante aux dents longues... Le propriétaire de galerie d'art, loin du cliché du minet imbu de lui même est plutôt en panne financière et en pleine crise conjugale... L'artiste maudit se transforme en cerveau d'un complot sur lequel reposera au final toute l'intrigue... Follett nous offre donc une galerie de personnages plutôt sympathiques, mais pas assez fouillés... Disons qu'à vouloir trop en faire, il finit par nous perdre et, une fois le livre terminé, on se demande ce que certains passages viennent y faire, si l'histoire n'aurait pas gagné à ne pas les mettre en scène...

En même temps, tout n'est pas à jeter dans ce livre si l'on se souvient que Le Scandale Modigliani fait partie des premiers romans de Follett... On ne peut donc déjà pas lui demander d'être aussi abouti et maîtrisé qu'une fresque comme Les Piliers de la terre ! Et puis mine de rien, partir à la recherche d'un tableau perdu, ce n'est pas si désagréable ! On embarque de l'Angleterre à l'Italie en faisant une courte escale en France, on suit des personnages motivés par des objectifs bien différents les uns des autres et Follett arrive quand même à nous montrer l'aspect hypocrite, snobe et sur-joué du milieu de l'art.

Écrit au tout début de la carrière de romancier de Ken Follett, Le Scandale Modigliani offre un regard sur le monde de l'art de la fin des années 1970 et laisse supposer du talent futur de son auteur : documentation, imagination romanesque et policière, Ken Follett n'a finalement fait qu'approfondir ses ingrédients de base depuis cette publication !

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L'avis de Mrs Pepys se rapproche globalement du mien : "On est loin du chef-d'œuvre, mais il faut concéder qu'on passe un moment pas trop désagréable."
Syl ne semble pas franchement convaincue... "Dommage ! Je suis restée insensible au tableau de Ken Follett..."
Quant à Sandrine, elle a "plutôt trouvé cette histoire pesante et traînant un peu en longueur."

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition présentée : Le Scandale Modigliani, Ken Follett, traduit de l'anglais par Viviane Mikhalkov, Éditions Livre de poche, 2011, 352 pages.