testament a l'anglaiseL'histoire de la famille Winshaw vaut bien que l'on en fasse une biographie. Tel semble être le point de vue de la vieille tante Tabitah, recluse dans un hôpital psychiatrique depuis de nombreuses années. Contacté par la maison d'édition, Michael Owen, écrivain en panne d'inspiration, va se plonger dans l'histoire de cette famille aux ramifications multiples.

Il y a des livres comme ça, vous les ouvrez, ils vous embarquent, et la première réflexion qui vous vient à l'esprit est du genre : "Mais pourquoi je ne l'ai pas lu avant celui-là ?!!!" Testament à l'anglaise fait typiquement partie de ces romans, un pavé qui trainait depuis quelques mois dans les étagères, que ma libraire m'avait conseillé du fait de mon intérêt croissant pour le Royaume-Uni, et me permet de commencer l'année avec au moins un livre "coup de coeur" !

Testament à l'anglaise rassemble tous les ingrédients d'un très bon livre et avait effectivement tout pour me plaire. On se retrouve embarqué dans l'histoire d'une famille plutôt bourgeoise d'Angleterre qui permet de passer en revue l'Histoire économique et politique du pays depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Narré de manière assez originale, le roman alterne les passages focalisés sur Michael Owen, le narrateur, et le fruit de ses recherches sur les différents personnages de la famille qui sont présentés les uns après les autres. Tout ce petit monde finira par se retrouver pendant une nuit assez lugubre dans une seconde partie aux allures de roman policier, avec meurtres en chambre close et assassinats en série...

Avec ce roman, je découvre Jonathan Coe et j'avoue avoir beaucoup apprécié son style et l'originalité avec laquelle il traite son intrigue. Il arrive à faire cohabiter des personnages relativement antipathiques, des personnages qui graviteront tous à un moment ou à un autre dans les plus hautes sphères de l'Etat, ce qui lui permet dans le même temps d'évoquer l'évolution politique du Royaume-Uni sous l'ère Tatcher dont il brosse un portrait plus que critique, "cynique" étant le terme relevé dans bon nombre d'avis, allant de l'impact de la réforme du système de santé au rôle du pays en amont de et dans la première guerre du Golfe.

Janvier s'achève donc avec un livre très intéressant, original et attachant, qui ne m'aura accompagné que trois trop courtes journées tant l'enchaînement des faits et le mystère qui croit peu à peu au fil des pages est extrêmement bien maîtrisé. Une première rencontre avec Jonathan Coe qu'il convient désormais de renouveler !

A lire aussi :
Selon Maggie, "ce roman est remarquablement étrange, plein d'humour et imprégné de références cinématographiques et littéraires."
Yspaddaden est formelle : "Aucune raison donc pour ne pas lire ce foisonnant roman".
Enfin, Melle Curieuse résume assez bien les choses : "Cette satyre du monde moderne ce mélange à la perfection avec cette satyre de la famille des Winshaw."

Texte © Miss Alfie 2012.
Édition lue : Testament à l'anglaise, Jonathan Coe, traduit de l'anglais par Jean Pavans, Éditions Gallimard, Collection Folio, 1997, 682 pages.