pacte2008. Gloucester, Etats-Unis, petite ville paisible de la côte Est. Dans un lycée, plusieurs adolescentes tombent enceintes. Quand le chiffre s'établit finalement à dix-sept jeunes filles, tout le monde s'accorde à penser qu'il ne s'agit pas d'une coïncidence. Au travers des témoignages de quatres de ces filles, une journaliste cherche alors à connaître leurs motivations pour avoir scellé un tel pacte.

Celui ou celle qui n'a pas encore jeté un coup d'oeil aux lignes écrites en petit à la fin de l'article sera donc surpris d'apprendre que ce n'est pas la Miss qui a lu ce livre. Mais moi. L'homme. Le vrai. Le seul. L'unique. Le modeste, aussi, oui, tout à fait. C'est un détail qui a son importance, j'y reviendrai par la suite. Je commence par la construction du livre. L'histoire est chapitrée par protagoniste et on lit leurs témoignages bruts livrés à une journaliste. L'histoire ne dit pas si Vanessa Schneider est cette journaliste. A vrai dire, on s'en cogne un peu. Elle est française et a su capter l'attention de ces jeunes filles pour qu'elles acceptent de témoigner. Les quatre adolescentes ont (évidemment) des profils bien différents : Lana la meneuse, Cindy la suiveuse, Kylie la bimbo et Sue la fille de cathos. Si la forme est (presque) originale et sympathique, lire pendant 190 pages des ados qui parlent finit par être lassant.

Et puis, l'histoire n'avance pas beaucoup. On n'apprend pas grand chose sur les motivations de ce pacte. C'est vaguement suggéré à plusieurs reprises sans que ce soit vraiment approfondi. D'un autre côté, on va pas demander à des ados d'approfondir un raisonnement. Déjà "raisonnement" pour des ados, c'est un peu compliqué. C'est donc au lecteur de se faire une idée sur les raisons et les objectifs. On les imagine assez facilement : rebellion face aux parents et au système, idéalisme, ne pas faire comme les autres, etc. Le dénouement sonne comme une opinion de l'auteure. Est-ce que la réalité (puisque cet ouvrage est tiré d'une histoire vraie) fut aussi dramatique, je n'en sais rien. Et accessoirement, je m'en fous. Simplement, tel que c'est tourné, ça donne l'impression que Vanessa Schneider sort du cadre objectif du recueil de témoignages et, par ce dernier chapitre qui reste quand même le discours d'une des quatre filles, émet son avis purement subjectif sur le pacte qu'ont scellé ces adolescentes.

Je reviens sur le détail de mon premier paragraphe. Pourquoi le fait que je sois un homme est important ? A la fin de la lecture, j'ai été cherché des infos sur l'histoire vraie. Je n'ai pas tellement trouvé d'infos sinon cet article intéressant sur le site de Libé qui me laisse à penser que les personnages sont le fruit de l'imagination de Vanessa Schneider. Je suis surtout tombé sur Babélio et j'ai lu des chroniques élogieuses de ce bouquin. Alors que moi, bof, quoi. Je ne me suis pas attaché aux persos, je ne suis pas rentré dans l'histoire et le fait qu'on ne m'apporte pas beaucoup d'éléments m'embête. C'est pourquoi moi, en tant qu'homme, non père, qui ne souhaite pas le devenir, je ne suis pas nécessairement la cible idéale de ce livre. La mère de famille entre 25 et 30 ans et dont le môme est encore très jeune est destinée à lire ce livre. Parce qu'elle est plus à même de rentrer dans la tête de ces dix-sept jeunes filles que je considère assez naïvement comme des connasses qui ont foutu leur vie en l'air. Comprenez que je ne sois pas tout à fait adapté... Le même ouvrage en tant que roman de journaliste avec une vraie enquête, fouillée, détaillée, argumentée, aurait sans doute été plus intéressant. Vanessa Schneider est une bonne journaliste politique (lue sur Marianne et découverte sur Canal par l'intermédiaire de Pascale Clark), dommage qu'elle se soit fourvoyée dans ce livre que je ne considère pas comme indispensable.

Texte © Alfie's mec (@BesacTof sur Twitter) 2011
Couverture : Le Pacte des Vierges, Vanessa Schneider, Éditions Stock, 2011.