georgescouvLa mort rôde. Avec sa faux. La vraie, la méchante, la faucheuse. Au milieu du XXè siècle, elle a programmé la mort d'un minable sans le sou prénommé Georges. Au moment où elle s'apprête à commettre son acte irréparable, elle entend une chansonnette dudit Georges. Puis deux. Puis trois. Et tombe sous le charme de ce Georges qui cherche à vivre de son art. Brassens qu'il s'appelle, le Georges.

Rappelez-vous janvier 2011. L'hiver est rude. Ou pas, je me souviens pas bien. Et puis, accessoirement, je ne suis pas de ceux qui font de la météo leur sujet de conversation préféré. Tout pour pour vous dire qu'en janvier 2011 sortait le merveilleux, le formidable, le très très bien En attendant que le vent tourne que je vous invite très fortement à lire. Au pire, vous lisez ma merveilleuse, formidable et très très bonne chronique pour vous faire une idée. Au-delà de 3 commentaires pour mes chroniques BD, je considère que c'est un succès. Je suis un petit joueur. Mais je le vis bien. Le rapport entre cet ouvrage le présent Georges et la Mort, sujet de cet article ? L'auteur, ma bonne dame. Blaise Guinin. Forcément, j'ai vu ça, j'ai retrouvé le même dessin, mon dealer a accroché donc forcément, je me suis jeté dessus.

D'abord, je vous vois venir avec vos "t'as vraiment des goûts bizarres, toujours des trucs sur la mort". Certes. Mais là, non. C'est drôle. L'histoire met en scène trois personnages principaux : Georges Brassens et la Mort, évidemment mais également le chat de Jeanne, la logeuse de Georges. Le chat est un personnage essentiel de cette histoire, comme un petit diablotin sur l'épaule de la Mort qui lui sussurre de faire son sinistre boulot alors que celle-ci s'entiche de Brassens.

georgesilluAlors qu'on célèbre le trentenaire de la disparition du chanteur sétois, Georges et la mort est un joli hommage à Brassens. L'histoire s'attache plus aux débuts chaotiques du chanteur ainsi qu'aux drames qui ont parsemé sa vie plutôt qu'à son succès, éclipsé. Dans cette biographie romancée, Blaise Guinin a choisi la Mort pour accompagner Brassens afin de justifier l'attachement du Sétois à ce sujet pour nombre de ses chansons. Il est également amusant de noter au fil des pages les nombreux clins d'oeils au répertoire avec, pour les plus visibles, un cheval foudroyé ou un gorille dans une cage. D'autres sont plus discrets.

Graphiquement, on retrouve le style qui m'avait plus dans En attendant que le vent tourne. Si certains le qualifieront de naïf, je pense que la simplicité du trait est justement un argument pour alléger le contenu du récit. C'est là une qualité de Blaise Guinin que de créer un contraste entre la légèreté du dessin et le côté sombre du propos, qualité que l'on retrouve dans son premier ouvrage. L'auteur a également réalisé un très bon travail sur les couleurs privilégiant une atmosphère sépia donnant au récit un semblant de nostalgie. C'est donc un ouvrage vraiment sympathique, souvent drôle, toujours attachant qui se lit très bien. Des deux ouvrages de Blaise Guinin, ma préférence ira à En attendant que le vent tourne, dont le contraste dont je vous parlais juste avant est plus prononcé et bien plus fort. Toutefois, il serait dommage de passer à côté de son deuxième ouvrage, tout aussi sympathique et qui rend un très bel hommage à l'un des plus grands de la chansons françaises dont certains textes sont ancrés dans ma philosophie de vie.

Texte © Alfie's mec (@BesacTof sur Twitter) 2011
Couverture et planches (cliquez sur les images pour agrandir) : Georges et la Mort, Blaise Guinin, Éditions 12bis, 2011.