Pour le meilleur et pour le pireLe privé Varg Veum est sollicité par un enfant, Roar, qui vient de se faire voler son vélo par la bande de son quartier. Apeuré, l'enfant craint d'y aller seul, le chef de la bande, Joker, étant réputé pour sa violence. A cette occasion, Veum fait connaissance avec Wenche, la mère de Roar.

Je suis têtue. Qui me connaît dans la vraie vie peut vous le confirmer. Et quand j'ai commencé une série, j'aime lire les opus dans l'ordre. Alors, après Le loup dans la bergerie, il était pour moi totalement indispensable de poursuivre ma découverte par le second roman de Gunnar Staalesen, Pour le meilleur et pour le pire, un titre qui finalement reflète relativement bien mon sentiment à l'issue de cette lecture... Et au final, je me dis que j'aurai dû suivre les conseils de Julie, ma libraire, qui m'avait conseillé un autre titre de cette série, l'un des meilleurs pour elle, Fleurs amères...

Bon, attention hein, tout n'est pas à jeter dans ce roman policier qui se rapproche plus du style de Staalesen dans Le roman de Bergen qu'à un pur roman noir. J'entends par là qu'au final, l'intrigue purement policière intervient dans la seconde moitié du roman... Ou plutôt, disons qu'on peut partager le livre en trois parties : une première, globalement courte, relative à la disparition du vélo de Roar, puis une deuxième où l'on suit Veum dans une sorte de découverte à la fois d'un quartier de banlieue où les habitants s'entassent dans des tours où sont logés des centaines de familles et à la fois de l'amour, du mariage et de l'éducation, avant d'arriver à la troisième et dernière partie, qui correspond en fait à la deuxième moitié du roman, où l'on est alors "enfin" confronté à un meurtre qu'il faut éclaircir.

Quand je dis que dans ce roman, il y a effectivement le pire et le meilleur, je pense notamment à toutes ces réflexions qui parsèment l'histoire si ce qu'est réellement l'amour, pourquoi se marier et pourquoi divorcer, comment vivre avec cela... Bref, des questions que vont se poser les personnages et qui feront un écho particulier en Veum, lui-même divorcé et près d'un petit garçon qu'il voit bien peu. Par contre, à travers cette enquête qui se passe dans un quartier de banlieue de Bergen, Staalesen casse le mythe social scandinave en mettant en scène des difficultés qui existent dans n'importe quel pays : pauvreté, délinquance, cités...

Si Pour le meilleur et pour le pire n'est pas le meilleur des titres de la série mettant en scène Varg Veum, il n'en demeure pas moins que la plume de Staalesen, affûté et parfois drôle, n'hésitant pas à utiliser des métaphores au fil du textes, permet d'offrir au lecteur un roman policier littéraire, que les lecteurs qui ont déjà lu Le roman de Bergen aborderont avec beaucoup de plaisir en découvrant un autre visage de cette ville norvégienne.

Texte © Miss Alfie 2011.
Édition lue : Pour le meilleur et pour le pire, Gunnar Staalesen, traduit du norvégien par Elisabeth Tangen et Alexis Fouillet, éditions Gallimard, collection Folio Policier, 2004, 418 pages.