Cela fait maintenant quelques jours que vous attendez ce billet, mais il me fallait le temps de revenir dans la réalité pour pouvoir vous parler sereinement de la fabuleuse expérience vécue le week-end dernier. Comme je vous en ai déjà touché deux mots il y a quelques jours, se tenait du 23 au 25 septembre le salon du livre organisé par le Conseil Général du Doubs, les Mots Doubs. Cette année, à l'invitation de ma libraire, j'ai délaissé mon bureau pour prendre place derrière les tables de son stand, revêtu mon plus beau sourire et mes chaussures les plus confortables pour affronter trois journées sous un châpiteau chauffé par le soleil d'été arrivé en retard !

Mots-Doubs-2011

Ces trois journées à la Gare d'eau furent une expérience incroyable. L'une des images les plus marquantes reste indubitablement ce moment où j'ai franchit la porte du salon vendredi matin, alors que les stands étaient encore déserts et que les livres installés la veille attendaient preneur. Vendredi matin fut calme, l'occasion d'apprendre le maniement de la caisse, de faire quelques repérages et de veiller sur les collégiens amenés par leusr professeurs et qui auraient bien récupéré un ou deux livres gratuitement, mais le salon a réellement ouvert ses portes à 14 heures. Là, on a vu les premiers auteurs arriver, prendre place sur les stands, réorganiser leurs piles de livres arrivés la veille, dégainer les stylos et commencer à patienter pour certains, à enchaîner les signatures pour d'autres, et ce jusqu'à dimanche soir.

La vie sur le stand, c'est un moment à part. J'avoue n'avoir guère eu l'envie de faire le tour des autres stands pour me faire dédicacer quelques romans tant les moments passés sur le stand, avec les auteurs que nous recevions, étaient intenses... Parmi les "heureux élus", il me faut vous parler de Cécile Huguenin, venue avec Alzheimer mon amour, une grande dame qui m'a particulièrement touchée, à l'écoute, aux dédicaces totalement personnalisées, ou encore d'Ingrid Astier juchée sur ses talons et tellement adorable, qui me parla avec passion du prochain polar qu'elle termine et qui me fit une très belle dédicace sur mon Quai des enfers. Il me faut aussi évoquer Michel Quint, accompagné de son épouse, accessible, abordable, drôle et charmant à qui je pus redire combien j'avais apprécié Une ombre, sans doute, Camille Bordas, jeune écrivain qui vient de sortir son deuxième roman, Parties communes, Jean-Paul Delfino à qui je n'ai pas eu le temps de faire dédicacer Pour tout l'or du Brésil mais qui me repris lorsque je vins lui proposer un café ("On dit Jean-Paul et tu, et pas monsieur et vous, d'accord ?"), Véronique Biefnot qui passe de la scène à l'écriture avec Comme des larmes sous la pluie, sans oublier Titiou Lecoq, lauréate du prix du premier roman du Doubs pour Les morues que je n'ai même pas pu me procurer et me faire dédicacer tant elle aura rencontré de succès !!!

"Bon, me direz-vous, c'est bien gentil tout ça, mais en dehors de Michel Quint, tout ce petit monde n'est pas forcément connu du grand public... Tu aurais pu te débrouiller pour côtoyer Foenkinos !" Oui, alors entre nous soit dit, je préfère avoir passé du temps auprès de ces quelques noms peut-être moins célèbres mais sans doute plus abordables... Parce qu'entre nous, il faut replacer les choses, et certaines stars restent des stars sur le salon... Le pire de tous fut sans doute, et j'assume totalement ce que j'écris, Jean-Pierre Coffe qui fut présent sur le stand vendredi après-midi. Gourmand, gastronome, je m'attendais à voir un bon vivant, sympathique et chaleureux, content d'être accueilli sur un stand qui faisait également la part belle aux cuisinier avec Jacques Bernachon, Coco Jobard ou encore Françoise Branget pour son livre Les cuisines de la République. Mais visiblement, tout ce qui intéressait monsieur Coffe, c'était d'avoir un verre de blanc à portée de main, et ce dès 15 heures... Autant vous dire qu'avec un type comme lui sur le stand, avec les propos qu'il a pu nous tenir, l'image des stars en prennent un sacré coup ! Heureusement, toutes ne sont pas comme ça, et ce fut une très belle surprise que d'avoir Isabelle Alonso sur le stand, une femme connue grâce à ses nombreux passages télé, faisant son job comme il fallait, souriant et riant avec le public comme avec nous, nous remerciant avant son départ pour l'accueil, le tout avec simplicité et sympathie...

Je ne sais pas si ces quelques souvenirs et ces quelques lignes peuvent vous rendre toute l'émotion que j'ai ressenti au cours de ce week-end, le bonheur intense qui fut le mien... Ces rencontres avec les auteurs sont de celles qui changent totalement votre regard sur les livres. Les auteurs deviennent alors des humains comme vous et moi, non plus des stars glorifiées et inaccessibles. Faire la bise à Michel Quint, blaguer avec Isabelle Alonso,  parler polars avec Ingrid Astier, recevoir des conseils de cuisine de Coco Jobard, voilà autant de petits moments incroyables... A côté de ça, ces trois jours furent aussi l'occasion de retrouver les "joies" du commerce, sourire aux clients, préparer des sacs, rester debout toute la journée, sentir l'adrénaline s'infiltrer dans mon corps quand la foule approchait, enchaîner les encaissements et voir les piles de livres diminuer... Mais aussi découvrir les coulisses d'un salon, les livres apportés et préparés la veille, les cartons de retours à refaire dimanche soir, la caisse à compter et à vérifier, le petit verre avec le reste de l'équipe le soir après la fermeture au public... Et puis à côté des auteurs, il y avait ces bénévoles venus comme moi filer un coup de main sur le stand, des professionnels du monde du livre pour certains, des personnes venues d'univers totalement différents comme moi, mais tous amateurs de livres, bons vivants, simples et drôles, ouverts, sympathiques, à même de me faire dépasser la timidité qui parfois peut s'emparer de moi lorsque je ne suis pas à l'aise...

Au cours de ces trois jours, le monde réel n'existait plus.
Au cours de ces trois jours, j'ai fait des rencontres franchement excellentes et pu mettre des visages sur des pseudos de blogs ou de Twitter.
Au cours de ces trois jours, l'idée que je m'étais peut-être plantée le jour où, entre le diplôme d'AS et le BTS action commerciale, j'ai choisi le premier, s'est immiscée à nouveau dans ma tête.
Au cours de ces trois jours, j'ai touché du doigt un peu de mon rêve.
Au cours de ces trois jours, je me suis sentie heureuse et bien dans mon "job"... Pour une fois...

Enfin, avant de vous laisser, je vous invite à découvrir le diaporama réalisé par le Conseil Général : vous l'aurez compris, embarquée dans cette aventure, j'ai laissé l'appareil photo dans le sac, préférant profiter de chaque instant plutôt que de l'immortaliser...