les chaussures italiennesAlors qu'il vit depuis douze ans sur une île isolée du monde, Fredrick Welin voit surgir Hariet, la femme qu'il a aimé puis abandonné près de quarante ans plus tôt. Gravement malade, Harriet lui demande de tenir une promesse qu'il lui a fait à l'époque, l'emmener voir un petit lac dans la forêt.

Je ne vous cache pas que j'ai mis un paquet de mois avant de me laisser tenter par ce titre de Mankell, plus connu pour ses romans policiers que pour ses écrits romanesques. Et puis, ma résistance faiblissant, ayant lu ici et là des avis positifs, je suis revenue de l'une de mes dernières escapades en librairie avec Les chaussures italiennes sous le bras et m'y suis plongée à l'occasion de mon escapade parisienne.

L'inconvénient des livres qu'on embarque pendant les vacances, c'est qu'on a parfois beaucoup d'autres choses à faire que de s'y plonger. Or, je pense que Les chaussures italiennes est un roman qui doit se lire tranquillement, sans que l'on se trouve parasité par ailleurs, en ayant l'esprit disponible pour en saisir tout son sens et toute sa sensibilité.

N'ayant jamais lu de polar de Mankell, il m'est difficile de comparer le style de l'auteur et de voir si ce livre est effectivement son plus brillant, comme la citation de L'Express au dos du livre peut le sous-entendre. Une chose est sûre, il ne fait pas dans la dentelle et n'est guère complaisant avec ses personnages : impossible de ressentir la moindre empathie pour Fredrick... Mankell brosse le portrait d'un homme lâche, qui se sait lâche et le reconnaît, mais ne fait strictement rien pour ne plus l'être... Fredrick m'est apparu comme un homme maladroit et sûr de lui en même temps, trop imbu de lui même pour m'être sympathique et pour que je puisse m'attacher un tant soit peu à lui...

Or, si vous me connaissez un peu, vous savez désormais que si un personnage ne me plaît pas, si je ne me sens pas d'atômes crochus avec lui, si je ne ressens pas un peu de sympathie pour lui, il m'est alors fort difficile d'apprécier le livre que je lis... Et je reconnais que c'est là quelque chose de fort dommage, car je crois que je suis passée en grande partie à côté de ce roman...

En nous embarquant à la suite de Fredrick, Henning Mankell nous propose une réflexion sur le sens de la vie, sur les racines et sur la lâcheté, tout en pudeur et en délicatesse, dans un univers suédois neigeux et isolé... Peut-être trop pour moi...

Petit_bac
Roman lu pour le Challenge Petit Bac organisé par Enna, catégorie "Objet".

Texte © Miss Alfie 2011.
Édition lue : Les chaussures italiennes, Henning Mankell, traduit du suédois par Anna Gibson, éditions Points, 2011, 372 pages.