le bibliothécaireDavid Goldberg est bibliothécaire. Pour arrondir ses fins de mois, il accepte de travailler pour un homme d'affaire vieillissant mais très riche, Alan Stowe. A quelques jours des élections présidentielles, Goldberg va pourtant se rendre compte qu'il a mis les pieds dans un sacré nid de guêpes...

Le bibliothécaire est clairement le type même de thriller sur lequel j'ai beaucoup de mal à écrire, parce qu'il y a dans ce roman à la fois du bon, du très bon même par moment, et du bien moins bon. Peut-être certains bondiront-ils au plafond en lisant ça, en argumentant qu'un titre qui obtient le Grand Prix de littérature policière en 2006 ne peut pas être fondamentalement mauvais, surtout s'il a été écrit par l'auteur de Reality Show dont Barry Levinson s'est inspiré pour réaliser Des hommes d'influence avec Dustin Hoffman et Robert de Niro.

Oui, mais ça n'empêche... Ce n'est pas parce qu'un bouquin obtient un prix littéraire qu'il est bon, ou du moins qu'il me plaît. Et ce titre en est l'exemple. Bon, ok, il m'a quand même plu, puisque je suis arrivée à la fin, et que j'ai eu un mal de chien à le lâcher dans la seconde moitié, tant Larry Beinhart met en place les codes d'un page turner à l'américaine (bon, en même temps, le bonhomme étant américain, ceci explique peut-être cela...).

Avant cette seconde moitié, Larry Beinhart nous offre avant tout une description sans concession des coulisses d'une élection présidentielle aux Etats-Unis, avec un système politique très éloigné du modèle français où chaque candidat doit avoir un temps de parole équivalent et où l'argent est loin de jouer le même rôle... On se retrouve immergé dans un univers où le lobbying et l'argent font un président... Alors certes, si les noms ont été modifiés, notamment pour le président qui se présente à un second mandat, le lecteur ne pourra s'empêcher de faire le lien avec Georges W. Bush et se remémorer un certain nombre de petites choses, notamment l'épisode de bulletins de vote à recompter en Floride lors de sa première élection en 2000... Autant de points qui font voir d'un tout autre oeil la politique américaine.

Alors que cette première moitié, très axée sur la politique et ses conséquences sur la société américaine, m'a extrêmement intéressée, j'avoue que dans la seconde, même si c'est là que j'ai eu du mal à lâcher le bouquin, on entre totalement dans un thriller calibré à l'américaine, dans lequel un petit bibliothécaire va entrer en guerre contre les méchants et tenter de faire vaciller le pouvoir... Oui, bon, reconnaissons-le, ce n'est guère plausible quand même !!! Et du coup, on perd de vue un certains nombre d'enjeux pour arriver à une simplification de l'intrigue... Or, en matière de thriller politique, il faut reconnaître que pour le coup, après Manotti et DOA, il est difficile de faire aussi consistant et brillant (comment ça, je suis pas objective ? Mais qui a dit que je voulais être objective !!!).

Bref, Le bibliothécaire a, malgré ces défauts, la grande qualité de nous immerger dans le système politique américain, et Larry Beinhart réussit malgré tout le tour de force de rendre ce thriller politique globalement accessible, y compris pour des lecteurs qui rechercheraient avant tout un bon page turner.

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Roman lu pour le Challenge Petit Bac organisé par Enna, catégorie "Métier",...

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...pour le challenge Thriller organisé par Cynthia,...

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...et pour le challenge Le nez dans les livres organisé par George !

Texte © Miss Alfie 2011.
Édition lue : Le bibliothécaire, Larry Beinhart, traduit de l'américain par Patrice Carrer, éditions Gallimard, collection Folio Policier, 2007, 545 pages.