clochards_dasmod_eLe samedi soir est le soir du Tarot pour le commissaire Brunois. Mais en ce samedi 2 décembre, pendant que quatre hommes jouent aux carte,s un clochard, le Négus, va mourir dans le Doubs. Mort naturelle ? A priori. Mais une mort qui ne semble pas sans lien avec un deuxième cadavre, retrouvé quelques jours plus tard.

Écrit dans les années 60 par un flic né à la frontière suisse, Les Clochards d'Asmodée revient sur le devant de la scène avec cette nouvelle publication par les éditions Phébus d'un titre qui fut publié localement en 1966 si j'en crois les informations que j'ai pu glaner ici et là. En relisant cette première phrase, je vois que j'ai omis de vous préciser l'essentiel, à savoir que si ce bouquin a atterri dans ma PAL, c'est pour la simple et unique raison qu'il se passe dans ma ville, Besançon. Et rien que pour ça, ça vaut le coup de découvrir cette intrigue surprenante, un brin atypique mais bien ficelée, et qui vous permettra de découvrir une ville trop méconnue, de Battant aux rives du Doubs, en passant par le quartier de la Viotte ou la Boucle, à moins que vous ne préfériez vous poster aux côtés d'Asmodée, sur les hauteurs de la Citadelle... Besançon, je pourrai vous en parler pendant des heures, et vous raconter notamment comment je suis tombée amoureuse de cette ville un samedi de février ensoleillé.

Mais vous parler de Besançon n'est pas l'objectif de ma chronique. Je divague et je ferai donc mieux d'en revenir à nos moutons, à savoir ce roman de Roland Pidoux, flic écrivain dont je ne pourrai vous dire grand chose, les éléments biographiques en ma connaissance se limitant aux quelques lignes publiées au début du roman et qui retracent principalement la carrière d'un flic décédé en 2005. En revanche, ma lecture de ce court roman policier peut vous indiquer que cet homme a écrit son roman avec la précision du professionnel, et les adeptes de roman à intrigue, dans la veine de Simenon ou d'Agatha Christie pourront apprécier les déductions tirées par le commissaire Brunois d'une analyse de douille.

Ceci dit, j'avoue, avec un peu de regret je dois le dire, que Les Clochards d'Asmodée n'entrera sans doute pas dans mon panthéon des romans policiers indispensables. La narration m'a parfois, voire souvent, déstabilisée, alternant des passages à la première personne, puis à la troisième personne, rendant parfois difficile la compréhension de la chronologie des événements. Si l'on rajoute à cela la présence d'un esprit malin, Asmodée, qui est venu perturber à plusieurs reprises ma lecture, j'avoue une petite déception à cette lecture. Tant qu'à introduire un côté "occulte" ou "surnaturel", pourquoi ne pas l'avoir poussé jusqu'au bout ?...

Avec cette redécouverte d'un roman policier de facture classique, les éditions Phébus semblent avoir particulièrement ciblé un lectorat local qui appréciera de découvrir la ville sous un autre aspect, mais en privilégiant malgré tout une certaine qualité : si la narration des Clochards d'Asmodée m'a parfois déstabilisée, je ne peux remettre en cause la qualité du texte de Roland Pidoux, à qui certains auteurs contemporains n'ont rien à envier, loin de là...

Texte © Miss Alfie 2011.
Édition lue : Les CLochards d'Asmodée, Roland Pidoux, éditions Phébus, collection Libretto, 2011, 152 pages.