couvChristine est atteinte d'une forme rare d'amnésie. Chaque matin, elle se réveille en ayant tout oublié de sa vie, de son mariage ou de sa maison. A l'aide d'un médecin, elle va consigner ses journées dans un carnet. Au fur et à mesure, son histoire se redessine...

"OK, une histoire un peu glauque, j'ai capté, c'est ton mec qui a lu ça. Oh, bah, je commence à connaître, tu sais, je ne suis plus surprise. Bon, allez, envoie la chronique, qu'on en finisse..."

Bon, déjà, j'ai pas acheté ce livre, faut pas déconner, j'aime pas avoir des regrets. Nous étions invités chez des amis quand l'idée de parcourir la pile de livres planquée à côté du canapé m'a traversé. Et j'ai vu ce bouquin et sa quatrième de couverture m'a plu. Je l'ai donc discrètement volé  (évidemment que je l'ai emprunté, je ne suis pas totalement un salopard). Ensuite, je l'ai lu. Et c'est là que ça se gâte. Comment vous dire...

Déjà, il ne se passe pas grand-chose. La narration aurait mérité d'être simplifiée, raccourcie. Y'a des longueurs, surtout dans la première moitié. Ensuite, c'est un peu plus rythmé. C'est surtout que c'est à partir de ce moment-là que le scénario se met en place. Faut dire que Mamie commence à recoller les pièces du puzzle, ça aide. Côté scénario justement, un gros bon point, on se sait pas où on va. On se dit que, forcément, dans les rares personnages que fréquente l'héroïne, il y a forcément un méchant. Un coup, c'est le médecin, un coup, c'est le mari, bref, on est assez perdus et échafauder une hypothèse est d'autant plus compliqué qu'elle s'effondre assez vite au profit d'une autre. Le paradoxe entre le recouvrement progressif et linéaire de la mémoire avec les renversements successifs des hypothèses est donc assez intéressante.

Mais, parce qu'il y a un mais, vous vous doutez bien, sinon, je n'aurais pas écrit "c'est là que ça se gâte" plus haut. Mais, disais-je donc avant d'être grossièrement interrompu par moi-même, le bon point du scénario s'effondre avec le dénouement. Mon dieu, mon dieu, mon dieu que ce dénouement est passablement niais, vaguement sentimental et pour moi totalement navrant. Celui qu'on finit par se dire que, bon, peut-être, là quand même, c'est le méchant, aucune surprise, c'est le méchant. L'invitée surprise du dernier tiers du roman qui sort de nulle part ? Rien, elle retourne dans le néant. Et c'est tout comme ça. Ca se termine dans un mélo mielleux blindé de bons sentiments. C'est pas que j'ai vomi mais pas loin. Bref, Avant d'aller dormir est un vague thriller bien lent à se mettre en place et dont le dénouement navrant décevra les amateurs de scénario à rebondissements.

Texte © Alfie's mec 2011
Edition lue : Avant d'aller dormir, S.J. Watson, traduit de l'anglais par Sophie Aslanides, éditions Sonatine, 2011, environ 610 pages mais bon, on s'en fout un peu du nombre de pages, non ?