Pepins de pommeLorsque sa grand-mère décède, Iris retrouve sa mère et ses deux tantes dans la maison familiale de Bootshaven. Elle y apprend que son aïeule l'a désignée comme héritière de la demeure. Bibliothécaire à Fribourg, la jeune femme décide de rester quelques jours pour décider de l'avenir de la maison. Elle y redécouvre son passé et par la même occasion celui de sa famille.

Difficile de passer à côté de ce roman de Katharina Hagena tant il a été évoqué sur la blogosphère depuis sa parution l'an passé. Sa publication en poche m'a permis, comme souvent, de me plonger dans une histoire que je n'aurai sans doute pas acheté dans son format broché. A tort ou à raison ? Difficile de le dire, car les sentiments se partagent quant à cette lecture.

Comme certains lecteurs, j'ai eu du mal à rentrer dans Le Goût des pépins de pomme du fait de la lenteur relative de la narration : Iris nous raconte son retour aux racines, et ce récit est entrecoupé de nombreuses description de la maison et du jardin notamment, qui m'ont parfois lassée car, si vous me suivez a minima, vous savez que je ne suis pas une adepte des descriptions à rallonge !

Ceci dit, au fil des chapitres, l'intrusion de personnages venant couper les réflexions d'Iris m'ont paru donner un peu d'air et de rythme à une narration relativement lente, contemplative, exercée par une héroïne non moins particulière et vêtue en permanence des vieilles robes de bal dénichées dans les armoires de sa grand-mère... Sans ces quelques intrigues connexes comme le décès de Rosemarie, sa cousine, dont Iris nous parle dès le début mais dont nous connaîtrons le fin mot qu'à la fin du roman, ou les retrouvailles avec Max, le petit frère de Mira, l'amie de jeunesse, Le Goût des pépins de pommes m'aurait paru sans saveur...

Si les souvenirs et l'importance de l'héritage, qu'il soit matériel ou immatériel, tiennent une place importante dans ce roman allemand, d'autres lectures sur le même thème m'ont laissé, justement, plus de souvenirs... Sans doute n'ai-je pas perçu cette pointe de nostalgie et cette saveur d'antan découvertes par d'autres lecteurs et qui donnent, selon eux, un intérêt particulier à ce roman de Katharina Hagena.

Une petite immersion au coeur des pages ?

"Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l'océan de l'oubli. Il y a dans cet océan des courants, des remous, des profondeurs insondables. Il en émerge parfois des bancs de sable qui s'agrègent autour des îles, parfois quelque chose disparaît. Le cerveau a ses marées." (p. 108)

Petit_bac
Roman lu dans le cadre du Challenge Petit Bac organisé par Enna, catégorie "Végétal".

Texte © Miss Alfie 2011, sauf citations.
Edition lue : Le goût des pépins de pommes, Katharina Hagena, traduit de l'allemand par Bernard Kreiss, éditions Livre de poche, collection Littérature & Documents, 2011, 285 pages.