aso_couv1905. Amédée Fario est paysan dans les Pyrénées. Lors d'une mission de portage de matériel pour la construction de l'Observatoire du Pic du Midi, il croise Camille Peyroulet, scientifique appelé à étudier les astres. Camille suit avec attention par l'intermédiaire de l'Auto le Tour de France. Amédée est chargé par Camille de lui remonter l'Auto lors d'une prochaine venue. Amédée en profite pour lire le journal et commence à admirer ces forçats de la route. Il n'a alors plus qu'un seul rêve, participer à la Grande Boucle.

 

"C'est étonnant d'acheter ce livre, toi qui jouais au Tour de France quand t'étais petit." Voilà comment je suis accueilli quand je reviens de chez mon dealer avec l'Aigle sans orteils. Oui, je jouais au Tour de France, et alors ? Alors ? Alors, c'est facile, vous prenez des pions de différentes couleurs pour faire les équipes. Vous tracez un parcours sur la cour pavée (ou vous le matérialisez sur le lino à carreaux les jours de pluie). Avec un dé, vous avancez vos pions en créant plein de règles comme vous l'entendez : un équipier qui aide un leader (le leader fait +1, l'équipier -1), un col et on retranche deux points au dé sauf pour un grimpeur où on retranche qu'un point, etc. A la fin, hop, on calcule les écarts en disant qu'une case, c'est 10 secondes et on essaie de trouver des pions différents pour matérialiser les maillots de leaders. Mais bon, le mieux, ça reste les petits cyclistes en métal ou en plastique mais ça, c'est mon copain Sébastien qui les avait, c'est pas moi. Et j'étais supra jaloux.

aso_plBien, finies les bavasseries, revenons à ce qui nous préoccupe. Qui était Amédée Fario ? Voilà la bonne question à laquelle tente de répondre Christian Lax en nous racontant la biographie de ce coureur. Et d'abord, est-ce qu'Amédée Fario a existé ? Ma culture vélocypédico-cycliste n'étant pas étendue à ce point, bah j'en sais rien... Autant je pourrais vous parler d'Eugène Christophe qui répara sa fourche cassée dans une forge de Sainte Marie de Campan, autant Amédée Fario, je sèche. Donc, étant relativement docile, je me laisse guider par ce que me conte Christian Lax. Et laissez-moi vous dire que c'est passionnant. C'est passionnant. Merci. On se laisse happer par ce berger qui s'entiche pour le Tour de France et qui entend tout faire pour y participer. Sauf que pas de bol, il lui arrive plein d'emmerdes, à ce garçon. Déjà, il gagne pas beaucoup sa vie. Et un vélo, c'est cher. Après, quand il a assez d'argent, une avalanche détruit la maison de sa mère (sauf que sa mère, elle meurt pas, ouf !). Donc, bim, il doit recommencer à travailler. Et tant d'autres histoires que je vais pas vous raconter sinon, après, vous lirez pas ce livre et Christian Lax, il sera tout triste. Quant au dessin, bah vous le voyez par vous-même sur la couverture et la planche que je vous mets en illustration, c'est chouette. Mélange de crayonné et de gouache (ou de pastel, qu'en sais-je ?), le trait et les couleurs sont tout à fait agréables.  

 

cyclisteA cet instant de la chronique, je me rends compte que je vous ai plus raconté ma vie que parlé du bouquin en lui-même. Mais, en fait, quand il n'y a pas grand-chose à dire d'autre que "c'est vachement bien, la race de sa grand-mère que c'est bien", je pense que l'on peut se permettre une chronique absolument navrante de débilité tout en convaincant le lecteur de la qualité de l'ouvrage que l'on propose. Et puis, si jamais vous n'avez pas souri à cette chronique (je ne suis pas exigeant, je ne vous demande pas de rire aux éclats), bah tant pis pour vous, moi, je me serais bien marré !


Texte © Guigzz 2011 (et croyez-moi, vous le piquerez pas, celui-là !!)

Edition lue : L'Aigle sans Orteils, Christian Lax, éditions Dupuis, collection Aire libre, 2005, 78 pages.