mma_ramotswe_d_tectiveAu décès de son père, Precious Ramotswe décide d'utiliser son héritage pour ouvrir une agence de détective. Première femme détective du Botswana, elle mise sur son instinct féminin et sur son grand sens de l'observation pour éclairer la lanterne parfois éteinte de ses clients et parfois amis qui la sollicitent. Divorcée d'un mari violent, c'est avec beaucoup d'humour et de culot qu'elle remet en place ses congénères masculins, tout en portant sur son pays, le Botswana, un regard empreint d'amour et de d'attachement.

Après avoir rencontré Alexander McCall Smith il y a maintenant quelques années dans 44, Scotland Street, j'avais noté avec curiosité le premier titre de cette série mettant en scène la femme détective africaine très certainement la plus célèbre du monde littéraire. Une récente virée en librairie m'a permis de mettre enfin la main dessus (c'est dingue cette manie que les librairies ont de planquer systématiquement les premiers tomes de série de manière à ce qu'on ne mette jamais la main dessus, et que l'on commence par le dernier roman de la série sorti, au risque de ne pas piger grand chose aux personnages !).

Deux cent cinquante pages plus tard, je vous avoue que je ressors plutôt contente de cette première rencontre. Mma Ramotswe est une femme africaine attachante, dynamique, toute en formes et en culot. A travers son personnage, Alexander McCall Smith nous offre une vision du Botswana, pays où il a lui-même vécu, bien loin de l'image des pays d'Afrique véhiculée par les médias. Petit pays coincé entre l'Afrique du sud, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe, le Botswana ne fait jamais parler de lui, a un régime politique stable depuis sa sortie du Commonwealth en 1966, a vu son économie se développer de façon exponentielle depuis cette même date, et fait partie des rares pays qui ont pu sortir du groupe des pays les moins avancé en 1994... Je sais, ces éléments contextuels sont loin de l'histoire, mais pour autant, ils permettent de se rendre compte que le pays que décrit l'auteur par les yeux de Mma Ramotswe est à l'image de sa réalité, aussi prospère qu'animé par les coutumes et la sorcellerie.

Côté intrigue, j'avoue avoir été un peu déçue, car je m'attendais à quelque chose de peut-être plus construit. Une bonne moitié du livre est consacré à nous présenter Mma Ramotswe, son père, à nous raconter sa vie et comment elle est arrivée à la tête de son agence. Ensuite, il s'agit plutôt d'une succession d'enquêtes sans grand lien les unes entre elles. A part un fil continu que l'on retrouve à plusieurs reprises, on est plus proche du recueil de nouvelles que d'une véritable enquête sur un thème précis. Ceci dit, si j'ai été un peu gênée au début de ma lecture, m'attendant à autre chose, j'ai fini par me laisser emporter par Mma Ramotswe et sa camionnette blanche, dégustant un thé rouge à ses côtés pendant qu'elle écoutait le récit d'une femme dont le mari avait (encore une fois !) pris la poudre d'escampette avec une donzelle plus jeune !

Un beau voyage au cœur de l'Afrique noire, loin des clichés habituels, empli de chaleur, de routes poussiéreuses, de thé rouge et d'yeux affutés.

A lire aussi :
Tout comme moi, Cachou ne retient pas forcément l'intrigue comme argument pour lire ce livre : "L’important, dans ce livre, c’est l’ambiance, l’agréable nonchalance qui règne dans ses pages."
Pour Zarline, ce fut également un bon moment, même si le coup de coeur n'est pas là : "J'ai aimé découvrir ce monde coloré et dynamique, loin des clichés mornes de beaucoup de livres sur l'Afrique."
Et Gabrielle confirme le sentiment général : "Ne vous attendez pas à lire des histoires sordides. Il n'y a ni meurtre, ni armes dans ce "grands détectives"."

Texte © Miss Alfie 2011.
Edition lue :Mma Ramotswe détective, Alexander McCall Smith, traduit de l'anglais par Elisabeth Kern, Éditions 10/18, collection Grands détectives, 2006, 249 pages.