La_voixA quelques jours de Noël, Erlendur est appelé avec son équipe dans un hôtel de luxe : le portier, qui devait faire le Père Noël pour le goûter des enfants, est retrouvé poignardé, le pantalon aux chevilles.Une bien mauvaise publicité pour la direction qui somme Erlendur de faire preuve de discrétion. Déterminé à découvrir qui a tué cet homme, le commissaire va profiter de sa solitude pour élire domicile à l'hôtel et en fouiller tous les recoins...

Après la lecture de La femme en vert qui m'avait laissé dubitative, une amie aussi mordue de livres que moi m'a prêté La voix, sans quoi je crois que j'aurai passé mon chemin avec les roman d'Arnaldur Indridason. Tandis que ce troisième opus des enquêtes d'Erlendur Sveinsson végétait dans ma PAL, Anne a eu la bonne idée de m'en proposer une lecture commune ! Nous y voici donc !

Contrairement à la précédente, cette enquête m'a complètement passionnée ! Au moins, c'est clair dès le début ! L'intrigue se déroule en huis clos au sein de l'hôtel où s'est déroulé le meurtre puisque l'on suit le commissaire qui y a pris ses quartiers et qui y reçoit ses collaborateurs et les différents suspects qui vont se succéder au fil des quatre cents pages de ce roman couronné lors de sa sortie en France en 2007 du Grand Prix de la littérature policière.

Autour du commissaire, on retrouve les personnages habituels : Elinborg et Sigurdur Oli, ses collègues policiers, et Eva Lind, sa fille, en proie à des tourments plus profonds qu'avant suite à sa fausse couche. Si La femme en vert s'intéressait beaucoup à la relation houleuse entre le père et la fille, La voix nous montre des échanges plus apaisés et nous invite à découvrir l'enfance d'Erlendur et les conditions de la disparition de son petit frère. Le tout à une période de l'année qui inspire à beaucoup plus de morosité que de joie.

En parallèle à l'enquête principale, Erlendur nous entraine également dans les tréfonds de ses souvenirs. Souvenirs d'enfance avec la disparition de son frère ainsi que je viens de vous l'écrire (bon, vous suivez un peu ou quoi ?!!!), mais aussi souvenirs d'enquête avec des retours réguliers sur une enquête d'Elinborg sur un enfant battu. Mon seul reproche serait d'ailleurs que ces passages de souvenirs sont amenés de manière trop plaquée et trop scolaire à mon goût, surtout comparé au reste de la narration, plutôt fluide...

Une troisième enquête prometteuse donc, qui s'attache aux liens familiaux, et nous entraine dans l'Islande des hôtels de luxe où les coulisses sont parfois moins rutilantes que les façades.

Une petite immersion au milieu des pages ?

 

"Il ne pouvait ps lui raconter qu'il pratiquait le golf ou quelque autre sport que ce soit. Autrefois, il s'était intéressé à la boxe mais cela lui avait passé. Il n'allait jamais au cinéma, ne regardait pratiquement pas la télévision et ne sortait jamais au théâtre. Il voyageait seul en Islande pendant l'été mais très peu au cours des dernières années. Ce qu'il faisait quand il n'était pas au travail ? Il ne le savait pas lui-même. Il était la plupart du temps tout seul." (p. 95)

"Jamais il n'avait fait l'acquisition d'un lecteur de CD et il y avait des années qu'il ne s'était pas acheté de disques. Il n'écoutait pas de musique moderne. Il avait entendu parler du hip-hop au bureau et avait longtemps cru qu'il s'agissait d'une variante de la corde à sauter ou du hula-hop." (p. 144)

"Allongé, il pensait à ce rêve, à son père, à la perte de son frère. A la façon dont cette disparition insupportable avait façonné une cavité à l'intérieur de son univers. Et à la façon dont cette cavité s'agrandissait constamment alors qu'il évitait d'en approcher le bord d'où il pouvait voir l'abîme tout prêt à l'avaler le jour où il finirait par tomber." (p. 197)

A lire aussi :
Anne a lu ce livre avec moi.

Lecture_commune

Texte © Miss Alfie 2011, sauf citations.
Edition lue :  La voix, Arnaldur Indridason, traduit de l'islandais pas Eric Boury, Éditions Points, collection Points Policier, 2008, 400 pages.