samedi 11 décembre 2010

Du bois pour les cercueils - Claude Ragon

dbprlcLe commissaire Gradenne, assisté du lieutenant Bruchet, de la Police Judiciaire de Paris sont missionnés pour enquêter sur la mort d'un directeur d'une usine de fabrication d'éléments bois située dans le massif jurassien. Les gendarmes locaux avaient conclu à un accident mais le juge d'instruction veut des infos complémentaires... Le commissaire accablé par une grippe, l'enquête est menée par le lieutenant qui découvre que derrière l'accident se cache en réalité un meurtre. Reste à savoir qui a tué ce directeur d'usine que tous ses collaborateurs ou presque détestaient...

J'ai entendu parler de ce livre sur RTL dans l'émission culturelle matinale. Le chroniqueur vantait les mérites de ce livre de poche qui venait d'obtenir le prix du Quai des Orfèvres et qui situait son action dans la fabuleuse région de Franche-Comté. Alors je l'ai acheté. Et je l'ai lu. Bien mal m'en a pris...

1. C'est écrit avec les pieds.
L'auteur est ingénieur dans l'industrie de transformation du bois. Pourquoi a-t-il voulu chercher une reconversion qui ne lui tend manifestement pas les bras ? Le niveau d'écriture est proche de celui d'un collégien de 5è, le vocabulaire en plus. Les dialogues sont affligeants de naïveté. Personne ne formule des phrases telles qu'elles sont écrites. C'est d'autant plus navrant que l'essentiel du roman est constitué de dialogues. Les descriptions sont rares et faméliques, ne tenant pour la majorité que dans une phrase ou deux.

2. Le scénario est invraisemblable.

Un mec retrouvé écrasé par une presse et dont la tête et les mains n'étaient qu'une infâme bouillie. A posteriori, je me demande comment j'ai pas été assez futé pour voir la ficelle, que dis-je, le cordage qui tient l'intrigue et le dénouement navrant. L'enquête avance à pas convenus, les indices arrivant au fur et à mesure, distillés et annoncés avec trompettes. Je me demande également comment des flics, des vrais, qui ont attribué leur prix à ce roman, n'ont pas tiqué devant la foule d'invraisemblances, d'incohérences dans l'enquête même. Le flic qui détient une info essentielle et qui la distille à tous les suspects en leur faisant promettre de pas la répéter. Le même policier qui, sur une intuition géniale, part tout seul arrêter le coupable. Je veux bien croire que, dans d'autres polars, il y ait des invraisemblances mais je ne les détecte pas alors qu'ici, c'est tellement flagrant que ça ruine toute l'histoire.

3. Rien n'est travaillé dans l'ambiance.
Que ce soit les personnages, principaux ou secondaires, l'environnement ou l'atmosphère, on a à faire avec des éléments trop souvent pas travaillés. Les employés se ressemblent tous plus ou moins et les flics sont des gentils flics sans défaut et surtout sans histoire puisqu'on ne sait strictement rien d'eux. Faire une histoire dans le Jura sur un fond d'usine de transformation du bois, pourquoi pas. Mais, si c'est pour juste nous donner des infos techniques sur la transformation du bois et balancer les mots "savagnin", "saucisse de Morteau" et "Vin Jaune" à droite à gauche, aucun intérêt. L'usine factice est située quelque part aux confins du Doubs ou du Jura mais le lieu n'a en fait aucun intérêt. Ca pourrait se passer en Bretagne qu'on aurait parlé de galettes et de cidre. J'aurais voulu que l'auteur me décrive les montagnes du Haut-Jura, les forêts sombres et denses dans lesquelles il peut se passer beaucoup plus de choses qu'une vague poursuite... en ski de fond, bref, qu'il fasse de la région un vrai personnage comme elle l'est dans le Serment des Limbes, quand bien même il y ait des erreurs géographiques dans l'ouvrage de Grangé.

4. Conclusion

Du bois pour les cercueils est donc un fort mauvais roman policier qui ne mérite absolument pas une quelconque récompense. Tout y est superficiel, fondamentalement très mal écrit et scénaristiquement très très léger. A se demander donc si les policiers qui ont élu ce roman savent lire ou ont un quelconque goût pour les polars bien ficelés.

Texte © Guigzz 2010.
Edition lue : Du bois pour les cercueils, Claude Ragon, éditions Fayard, collection Policier, 2010, 368 pages.

Posté par Alfies mec à 09:01 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
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Commentaires sur Du bois pour les cercueils - Claude Ragon

    Merci pour ce billet !
    Il y a tellement de parutions de polars qu'il est bien agréable de pouvoir faire un tri et éliminer ceux qui sont nuls...

    Posté par Marie, samedi 11 décembre 2010 à 10:01 | | Répondre
  • J'avais justement entendu la même promo pour ce bouquin : le résultat semble plus que décevant... Pourvu que les foules ne se soient pas précipitées pour l'offrir à Noël !

    Posté par Neph, samedi 11 décembre 2010 à 11:00 | | Répondre
  • Il y a des bibliothèques pour cela....et peut être que le chroniqueur de RTL avait besoin d'enfance, ou était un copain de l'ami du mec de chez ikea qui était client de l'auteur :p

    Posté par iceman, dimanche 12 décembre 2010 à 09:30 | | Répondre
  • Bon, OK, je passe ! Pourtant, en general j'apprecie les polars du Quai...alors merci de nous avoir prevenus !

    Posté par L'Ogresse, dimanche 12 décembre 2010 à 11:06 | | Répondre
  • Oh, tu me fais peur, j'ai acheté ce roman pour faire un cadeau de noël ....

    Posté par yoshi73, dimanche 12 décembre 2010 à 11:30 | | Répondre
  • Si on ne peut plus se fier aux prix littéraires ni au critiques professionnels... Mais c'est pour ça qu'on vient sur la blogo !!! Merci du tuyau.
    En passant ce mauvais polar a au moins eu le mérite de t'inspirer un billet très drôle et argumenté !!

    Posté par Constance, dimanche 12 décembre 2010 à 16:01 | | Répondre
  • Ben flute, moi que le bandeau attirait.... J'irai me servir d'un autre bois.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, lundi 13 décembre 2010 à 16:10 | | Répondre
  • @ Marie : à ton service...

    @ Neph : l'investissement reste léger, ce n'est pas dramatique. et on peut toujours répondre "ah ben désolé..."

    @ Ice : Ou alors il ne l'a simplement pas lu...

    @ L'Ogresse : Tu peux passer sans difficultés !

    @ Yoshi : Il te reste trois jours pour trouver un autre cadeau et lire ce bouquin pour confirmer mon opinion qui, j'espère pour l'auteur, ne sera pas la seule dans ce cas.

    @ Constance : Si j'ai pu au moins te faire sourire, tu m'en vois ravi.

    @ Alex : Bjorn Borg avait aussi un bandeau. Mais il était bien meilleur que ce roman. Un bandeau est donc trompeur...

    Posté par Guigzzz, lundi 20 décembre 2010 à 14:29 | | Répondre
  • Pitié !

    Entièrement d'accord!! Une belle m.. que ce roman, quel ennui profond, quel manque de fantaisie; tout est tellement convenu. Pitié pas de suite aux aventures de ce fade Bruchet !!!
    J'avoue que j'ai du mal à saisir quels sont les critères d'attribution de ce prix; à priori quelques références bien 'franchouillardes' qui rassurent et c'est gagné !

    Posté par emma, mercredi 22 décembre 2010 à 16:55 | | Répondre
  • et bein ça a le mérite de la franchise !

    Posté par lucie, jeudi 23 décembre 2010 à 11:11 | | Répondre
  • Beaucoup d'énergie pour rien, alors!Comment avez-vous fait pour lire jusqu'au bout un livre qui vous tombait des mains? Pour le plaisir de le descendre en flèche? Autant de rage m'intrigue, ça me donne envie de le lire. Je n'aime pas hurler avec les loups (il y en a dans le Jura, non?).

    Posté par Michelle Nouel, jeudi 23 décembre 2010 à 11:29 | | Répondre
  • je ne lis pas trop ton billet, tradionnellement depuis plus de 20 ans, ce livre était au pied de mon sapin ce matin... Lecture très prochaine à voir donc !

    Posté par Géraldine, samedi 25 décembre 2010 à 20:32 | | Répondre
  • @ Emma : je ne suis pas aussi violent, quand même !!

    @ Lucie : Pourquoi écrire ce que je ne penserais pas ??!!

    @ Michelle : Il n'y a pas de rage dans mes propos sinon de la déception. Sinon, un aussi petit bouquin se lit vite et j'aime quand même connaître le dénouement d'un policier. J'ai plus de facilité un autre livre où il n'y a pas de suspense.

    @ Géraldine : tu reviendras me dire ce que tu en as pensé...

    Posté par Guigzzz, lundi 27 décembre 2010 à 09:51 | | Répondre
  • De la cohérence dans mes actes ? pourquoi faire ?
    Ce matin je voulais un polar,attendre avril pour le prochain "CRAIG JOHNSON",impossible ,il faut du frais du neuf du récent,donc j ai avalé la poussière avant de l avoir mordu,j ai acheté ce livre de poche et seulement après je cherche des critiques, et la vous me faites très peur .Je vais le gouter ce poche et reviendrai dire si il était comestible,mais déjà a l écoute de la rediffusion du chroniqueur d' RTL,dont je ne suis pas adepte je sent l indigestion venir ...

    Posté par nomie, samedi 8 janvier 2011 à 20:59 | | Répondre
  • je viens de le terminer...avis tout à fait contraire, c'est marrant de voir ce que tu en as pensé d'ailleurs

    Posté par wictoria, dimanche 20 mars 2011 à 05:46 | | Répondre
  • tout à fait d'accord avec toi : inodore, incolore et sans saveur.

    Posté par fabienne, vendredi 10 juin 2011 à 11:51 | | Répondre
  • PRIX DU QUAI DES ORFEVRES 2011 : UN BIJOU DE PACOTILLE

    Entièrement d'accord avec ta critique. Je viens de finir ce livre : le plus grand navet qu'il m'ait été donné de lire. Mes pensées vont aux auteurs des romans non retenus pour ce prix! A la question, pourquoi le lire jusqu'au bout. Je répondrai que ça en devient amusant de se voir pris pour un imbécile. Le lecteur semble pour M.RAGON dénué d'esprit d'analyse.
    N'est ce pas le plaisir de voir les gendarmes passer pour des incompétents qui a plu au jury ?

    Posté par fred, samedi 24 décembre 2011 à 12:38 | | Répondre
  • effectivement, Alfie's mec s'est lâché !

    Posté par Lystig, vendredi 17 août 2012 à 16:47 | | Répondre
  • (c

    Posté par Lystig, vendredi 17 août 2012 à 16:48 | | Répondre
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