une_execution_ordinaireDes années 1950 aux années 2000, le destin de la famille Altman apparait lié à celui de l'Etat russe... Du destin d'une mère devenue guérisseuse de Staline à celui d'un petit fils disparu dans un sous-marin, Marc Dugain propose une fresque historique dans la froideur de la Russie communiste.

Bon, soyons réaliste : lorsque je peine à lire 300 pages en une semaine, c'est que je n'accroche pas à un bouquin. Et dans ce cas, je suis du genre cœur d'artichaut : j'aime pas, je laisse... Cela vous donne le ton de l'avis qui va suivre puisque je l'avoue, je viens d'abandonner Une exécution ordinaire.

Si la première partie, où l'on suit une jeune femme médecin convoquée par Staline pour le soigner à la veille de sa mort, m'a semblé prometteuse malgré quelques longueurs, la deuxième partie m'a projetée dans un trouble profond : de qui s'agissait-il ? Où se trouvait-on ? Impossible de me repérer dans cette narration qui passait de la première à la troisième personne sans que je comprenne le pourquoi du comment...

J'espérais que la troisième partie apporte plus de vie à ce roman, mais impossible d'accrocher mon attention. Si certains aspects semblaient prometteurs, je me suis réellement sentie perdue dans une narration qui donne peu de repères, une sorte de roman fortement inspiré de l'Histoire contemporaine de la Russie, mais sans que je saisisse réellement le parallèle.

Peu de choses à vous dire de plus sur cette rencontre manquée avec Marc Dugain, si ce n'est qu'il s'agit à mon avis d'un livre à lire avec l'esprit détendu de tout soucis, totalement concentré sur les pages du récit... Sauf qu'en ce moment, mon petit cerveau a une fâcheuse tendance à réfléchir beaucoup, mais pas aux pages de mes romans en cours ! Conclusion : retournons donc à des lectures plus légères ces temps ci, histoire de réellement reposer mes méninges lorsque je lis !

Une petite immersion au milieu des pages ?

"Lénine, lui, au moins, il m'avait comme successeur, mais moi qui ai-je pour me succéder ? Beria ? Cet homme, quand il me verra mort, baissera son pantalon sur ses chevilles pour me chier dessus. J'ai pensé à me débarrasser de lui. Ce serait d'une facilité déconcertante. Il ne s'appartient pas, donc il m'appartient." (p. 76)

"La police politique s'affaire pour leur recensement, on mobilise les gardiens d'immeubles, les mêmes moyens que les nazis, mais pour des mobiles plus nobles. Nous allons leur créer un deuxième Israël à l'Est, en Sibérie, au milieu des moustiques et des sangsues. Ils vont comprendre ce que signifie trahir ma confiance et comment je traite les bourgeoisies nationalistes." (p. 91)

"Je n'en suis même plus à économiser, j'en viens à m'économiser moi-m^me. Je ne fais rien qui puisse constituer une dépense, je relis toujours les mêmes livres, j'écoute les mêmes disques. Je me mets entre parenthèses. Mais je ne me plains même plus, d'ailleurs je n'ai personne à qui me plaindre." (p. 270)

A lire aussi :
Sentinelle vous donnera une vision plus positive que moi : "Si Marc Dugain s'est beaucoup documenté sur le sujet, cela ne nuit en rien l'aspect romancé du récit, qui est une réussite."
Julien saura aussi vous convaincre : "Il n'en reste pas moins que j'ai aimé lire ce roman qui, malgré ces quelques imperfections qui ne deviennent évidentes que lorsqu'on sent la perfection proche, n'est pas loin d'être excellent."

Texte © Miss Alfie 2010, sauf citations.
Edition lue : Une exécution ordinaire, Marc Dugain, éditions Gallimard, collection Folio, 2008, 517 pages.