le_treizieme_conteMargaret partage son temps entre la librairie de livres anciens de son père et un emploi de biographe. Lorsqu'elle reçoit une lettre de la célèbre romancière Vida Winter, Margaret s'interroge : doit-elle répondre à la demande de cette femme qui lui avoue avoir toujours menti sur son histoire et la croire lorsqu'elle lui dit que cette fois, enfin, elle dira la vérité. Intriguée par l'histoire de la vieille femme, Margaret part à sa rencontre et succombe rapidement au charme de son hôtesse.

J'avais repéré Le treizième conte depuis un paquet de mois sur les blogs lorsque je me suis décidée à le commander dans ma librairie. Depuis quelques semaines donc, il patientait sagement, attendant le moment où je déciderai de découvrir l'histoire de Vida Winter que nous relate Margaret. Quelques lectures intéressantes mais poussives m'ont donné envie de me plonger dans un roman qui pourrait me happer entièrement et me vider l'esprit dès ses pages ouvertes. Pour ce faire, je me suis fiée aux différentes critiques, et suis partie à la rencontre de Margaret et de Vida, et nom d'un p'tit bonhomme, quel choix génial ai-je fait !

Ouvrir Le treizième conte, c'est partir dans un univers tout proche de nous et pourtant mystérieux et brumeux : à aucun moment Diane Setterfield ne nous situe l'histoire dans le temps, aucun moyen de savoir si nous nous trouvons de nos jours où il y a quelques années... Mais en ouvrant ce livre, je me suis retrouvée projetée dans un monde littéraire tout britannique, avec de vieilles maison aux parquets craquants dans la nuit, avec de grands jardins mystérieux aux buissons bien taillés, avec des cottages aux toits de chaume... J'ai repensé aux lectures de ma jeunesse, Jane Eyre, Le jardin secret, Retour en Cornouailles, des livres plus ou moins connus qui m'ont fascinés lors de mon adolescence...

Au fil des pages, je me suis prise d'affection pour ces deux femmes, pour leurs échanges et leurs fantômes, pour les démons avec lesquels elles se battent au quotidien, pour la souffrance née de leur fratrie... Ce dernier point est peut être l'un des éléments qui a rendu ce roman si poignant pour moi qui ait toujours rêvé d'avoir frères et sœurs, sachant pertinemment les souffrances qui pouvaient en résulter, mais trouvant qu'elles n'étaient forcément pas aussi lourdes à porter que l'unicité...

Je ne peux que vous conseiller ce roman qui m'a enveloppé et m'a entrainé au fil de ses 560 pages, douce parenthèse dans un quotidien parfois stressant, un vrai coup de cœur pour cet automne !

Une petite immersion au milieu des pages ?

"Je savais que désormais je ne pourrais plus me détacher du récit. J'étais tombée par hasard sur le cœur de cette vie que j'avais pour mission de raconter. C'était une histoire faite d'amour. Et de deuil. Car que pouvait trahir cette exclamation la douleur consécutive à la perte d'un être cher ?" (p. 78)

"J'étais fascinée par les vieux annuaires généalogiques. Depuis toute petite, à la moindre alerte - ennui, angoisse, peur -, je me précipitais sur ces rayons pour feuilleter les pages de noms, de dates et de notices. Entre ces couvertures, des vies désormais éteintes étaient résumées en quelques lignes d'une sèche neutralité. C'était un monde où les hommes étaient baronnets, évêques, membres du Parlements, et les femmes, des épouses et des filles. Rien ne permettait de savoir si ces hommes appréciaient les rognons aux petit déjeuner, qui ils aimaient ni la forme que donnait leur frayeur, le soirs, une fois la bougie soufflée, aux silhouettes qui peuplaient l'obscurité. Absolument rien de personnel. Que trouvais-je donc alors de si émouvant dans les notices succinctes concernant la vie de ces défunts ? Uniquement le fait qu'ils avaient été un jour des humains, qu'ils avaient vécu, et qui, aujourd'hui, ils été étaient morts." (p.167)

A lire aussi :
George, "à cause" de qui, entre autre, j'ai craqué sur ce livre, l'écrit très bien : "Le récit de Vida est tout aussi passionnant que la quête de Margaret. Les personnages sont attachants, troubles, mystérieux…" ;
Lilly est également conquise : "Je me suis plongée dans ce roman avec un bonheur que je n'avais pas ressenti depuis longtemps, et je vous souhaite de refermer ce roman aussi conquis que moi." ;
Fashion en rajoute une couche : "Un roman dans lequel un médecin prescrit à sa patiente de lire 10 pages des aventures de Sherlock Holmes par jour est un roman à lire d'urgence." ;
Joëlle est légèrement plus mitigée : "Le livre reste excellent mais rate d'un cheveu le coup de cœur." ;
Et encore bien d'autres avis recensés chez Bob.

Texte © Miss Alfie 2010, sauf citations.
Edition lue : Le treizième conte, Diane Setterfield, traduit de l'anglais par Claude Demanuelli et Jean Demanuelli, éditions Pocket, collection Littérature, 2008, 567 pages.