le_noy__du_grand_canalL_honneur_de_SartineUne fois n'est pas coutume, je ne vous parlerai pas d'un, mais de deux livres d'un seul coup, les deux derniers volumes parus des enquêtes de Nicolas Le Floch, le désormais célèbre comissaire aux affaires extraordinaires créé par Jean-François Parot, sortis respectivement en 2009 pour Le noyé du Grand Canal et tout récemment en 2010 pour L'honneur de Sartine.

Mais procédons par ordre, et commençons par nous rendre en 1778. Assistant à un bal au cour duquel il est chargé d'assurer la sécurité de la reine, Nicolas Le Floch est témoin d'une scène étrange. Quelques mois plus tard, il est chargé de retrouvé un pendentif que la reine aurait perdu aux alentours de cette soirée. Mais ce pendentif va semer dans son sillage plusieurs morts au destin tragique.

L'honneur de Sartine nous fera faire un bond de deux ans en avant, nous menant en 1780. Alors que le peuple parisien s'échauffe bien vite, Nicolas est appelé pour faire la lumière sur la mort d'un ancien contrôleur général de la marine. Secrets de famille et secrets d'État semblent se mêler dans une enquête qui touchera de près monsieur de Sartine, lieutenant général de la police lors de l'arrivée à Paris de Nicolas, une vingtaine d'années plus tôt et qui interpellera le commissaire sur de nombreux plans, tant professionnels que personnels.

L'avantage avec Jean-François Parot, c'est qu'à chaque nouvelle sortie, on oublie les critiques qu'on a pu formuler auparavant, et l'on se replonge avec délice dans un univers suranné et tellement bien décrit que l'on ne résiste pas à l'envie de découvrir ce que deviennent Nicolas, Bourdeau, Noblecourt et tous les personnages récurrents qui environnent notre héros. Encore une fois, après la lecture de ces deux volumes, je reste partagée entre la hâte de la suite du récit des aventures de ce commissaire proche de la cours allant forcément prendre un virage dans un sens ou dans un autre avec l'emballement de l'Histoire à quelques années de la Révolution, et la lassitude d'ouvrages qui me semblent au fil des années de plus en plus approchant les uns des autres. Si les enquêtes sont à chaque fois indépendantes les unes des autres, elles me semblent parfois bien complexes et n'apparaissent aujourd'hui que comme le faire valoir du récit de la vie des protagonistes. De même, le charme que je trouvais au départ aux descriptions gastronomiques dont nous régalent Jean-François Parot me semblent parfois plaquées là comme des cheveux sur la soupe, si je puis me permettre ce jeu de mot !

Bref, une fois de plus, la plume de l'auteur confirme son talent pour prendre la forme d'un écrit du dix-huitième siècle au sein duquel la précision historique est de mise, qu'il s'agisse des relations politiques ou des personnages historiques qui se mêlent au récit, mais point trop n'en faut : veillez, monsieur Parot, à accorder à votre commissaire une retraite dans sa Bretagne natale avant que les évènements que vous connaissez ne lui donnent un destin tragique et que vos lecteurs ne se lassent et ne l'enterrent trop vite...

J'en profite pour remercier les éditions Jean-Claude Lattès pour l'envoi des deux volumes dans lesquels j'ai retrouvé malgré  tout avec grand plaisir mon commissaire préféré !

Texte © Miss Alfie 2010.
Editions lues : Le noyé du Grand Canal, Jean-François Parot, éditions Jean-Claude Lattès, collection Romans historiques, 2009, 458 pages et L'honneur de Sartine, Jean-François Parot,  éditions Jean-Claude Lattès, collection Romans historiques, 2010, 450 pages.