fatchaFatchakulla est une petite ville de Floride tranquille. Rien ne s'y passe. L'activité principale consiste à pêcher dans le bayou quand il ne s'agit pas de boire un coup au bar du coin. Sauf qu'un jour, on retrouve sur le chemin qui mène à la rivière la tête (et pas le corps, évidemment) du vieux Pervis, le personnage que la ville entière déteste. Malgré tout, tout le monde commence à trembler de peur car Willie le Siffleur, un fantôme qui rôde dans le coin a frappé. Arlie, le chef de la police locale commence son enquête.

Quand on décide de lire un bouquin dont on ne sait rien, c'est parce qu'on est attiré par la couv, le titre ou la quatrième de couverture. Perso, le titre m'a fait marrer, la quatrième de couv aussi. Quand mon prêteur m'a confirmé que le contenu était du même acabit, je ne me suis pas fait prier. Donc, bienvenue à Fatchakulla, charmante petit bourgade floridienne !

Enfin, bienvenue, faut le dire vite. Si t'aimes pas la bière, déjà, t'es mal barré parce que c'est un peu la nourriture principale des habitants. Ensuite, si t'es un peu superstitieux, reprends tout de suite ta mobylette ou ton tricycle et barre-toi. Parce que la terreur locale, Willie le Siffleur, rôde dans le bayou pour choper un peu tout ce qui bouge. Et Willie, c'est pas un tendre, tu vois, il démembre, il arrache, il décapite et il éparpille. Façon puzzle aurait dit Audiard. Heureusement, y'a Arlie, le sheriff. En bon mec terre-à-terre, il y croit pas trop à ces croyances de pécores. Bon, d'un autre côté, des meurtres à Fatchakulla, il en a jamais vu. Alors, quand il retrouve la tête du vieux Purvis sur le chemin de la rivière, il fait pas le fier. Il va donc s'aider de Doc Bobo, pseudo-médecin légiste et de Linwood, pseudo-enquêteur éclairé pour retrouver le salopard qui a commis ça.

Roman policier déjanté, du début à la fin, La bouffe est chouette... réussit à accrocher par son style d'écriture loin d'être soutenu. Les personnages sont tous plus pittoresques les uns que les autres. J'ai même pas cherché à comprendre qui pouvait bien massacrer tout ce beau monde dans ce village de déglingos. Même si on peut émettre quelques hypothèses au fur et à mesure de l'histoire, on les abandonne bien vite pour se laisser porter par le style original et accrocheur de la narration. Il s'agit donc d'un roman surprenant, à l'image de ce dénouement qui pourrait en surprendre plus d'un. Mais quand on y songe, le fait que tout soit décalé voire déjanté fait que cette surprise finale laisse plus à sourire qu'à décevoir. Bref, un bon scénar pour les frères Coen ! Pis moi non plus, j'aime pas le banjo...

Texte © Guigzzz 2010
Édition lue : La bouffe est chouette à Fatchakulla, Ned Crabb, traduit de l'anglais par Sophie Mayoux, Éditions Gallimard, collection Folio Policier, 2008, 266 pages.