un_dernier_verre_avant_la_guerrePatrick Kenzie et Angela Gennaro, amis depuis l'enfance, ont monté leur agence de détective privé. Installé dnas le clocher sans cloche d'une église de Boston, ils scrutent la ville et ses malfrats lorsque des sénateurs les sollicitent pour retrouver une femme de ménage mystérieusement disparue avec un projet de loi sensible. Patrick et Angie vont partir sur les traces d'une femme noire qui veut juste qu'on ait besoin d'elle.

Après avoir découvert Dennis Lehane avec Shutter Island, j'ai eu envie de faire connaissance avec son couple d'enquêteurs fétiche dont l'une des enquêtes a été adapté au cinéma en 2007 (Gone, baby gone). Mais pour bien découvrir une série, il me semble qu'il vaut toujours mieux commencer par le premier volet, ce que je viens de faire avec Un dernier verre avant la guerre.

Bon, déjà, il faut que je vous avoue que j'ai été un peu décontenancée en commençant ma lecture car, allez savoir pourquoi, j'étais persuadée que l'enquête se passait dans l'entre deux guerres, sans doute à cause du titre. Passé ce premier moment d'étonnement, et ayant compris que mon petit cerveau s'était fait des films, je me suis ressaisie et ai tenté de rentrer dans l'histoire. Oui, tenté, car j'ai quand même eu du mal à accrocher au début du livre, où l'on nous présente tout un tas de personnages desquels je retiens que, globalement, les méchants sont noirs et les gentils sont blancs, enfin pas tous mais presque ! Heureusement, je me suis accrochée et la deuxième partie de l'histoire a livré quelques aventures plus pêchues que les premiers chapitres ne le laissaient prévoir. A ma décharge, si j'ai aussi eu du mal à rentrer dans l'histoire, c'est un poil la faute de l'éditeur : les tirets en début de paragraphe qui laissent supposer un dialogue alors qu'il s'agit d'un paragraphe purement descriptif, c'est un peu casse bonbon à la longue.

Au delà de ça, ce bouquin est sorti en 1993 aux Etats-Unis, en 1999 en France, mais je trouve qu'il n'a pas forcément très bien vieilli, notamment du fait des thématiques traitées : la guerre des gangs et les différences raciales... Ceci dit, il y a dans Un dernier verre avant la guerre le potentiel d'un grand polar qui aurait pu être bien plus développé et plus poussé, mais l'on se dira qu'il s'agissait là du premier roman de Dennis Lehanne, et que pour savoir si ce premier essai peut être transformé, on attaquera bientôt Ténèbres, prenez-moi la main !

Une petite immersion au milieu des pages ?

"Je me suis calé dans le canapé de mon appartement en repensant au Héros, en me dsant que c'était la dernière fois. Ce fantôme-là était parti. Mais je me mentais et je le savais. Le Héros me réveillerai la nuit. Le Héros se tenait en embuscade - dans des ombres, dans des ruelles, dans les vestibules aseptisés de mes rêves, dans la chambre de mon arme. Tout comme de son vivant, il faisait exactement ce qui lui plaisait." (p.52)

"Il a gloussé. Ce monstre psychopathe qui n'a as la manière, il a gloussé et il l'a repoussé doucement. Il avait un peu l'air du Lion poltron en le faisant, et je m'attendais à ce qu'il dise "M'enfin". Au lieu de quoi il a dit "Arrête, espèce de traînée."" (p.212)

"L.A. brûle, et dans tant d'autres villes, le feu couve en attendant le jet d'essence qui arrosera les brases, et nous écoutons des politiciens qui alimentent notre haine et notre étroitesse d'esprit, qui nous disent qu'il s'agit simplement de revenir aux vraies valeurs, alors qu'eux sont assis dans leurs propriétés de bord de mer à écouter les vagues pour ne pas avoir à entendre les cris des noyés." (p.331)

A lire aussi :
Ys n'a "pas été aussi éblouie qu’à la lecture de Shutter Island ou de Mystic River. [...] C’est bon dans le genre, très bon même, mais pas époustouflant."
En revanche, si l'on en croit Tamara, "voilà un excellent polar, qui présente une vision très noire de la société américaine : la population des quartiers pauvres est noyée sous la violence et les politiques sont pourris jusqu'à la moelle."

Texte © Miss Alfie 2010, sauf citations.
Édition lue : Un dernier verre avant la guerre, Dennis Lehane, traduit de l'anglais par Mona de Pracontal, Éditions Rivages, collection Rivages Noir, 2005, 343 pages.