last_callRevenu d'Irlande après le tragique épisode de Darkhouse, Joe Lucchesi a réintégré la police de New-York. Lorsque Danny, son coéquipier, et lui commencent à enquêter sur un homme qui a été battu à mort et abattu à son domicile, un de leur collègue fait le rapprochement avec d'autres morts... Un tueur en série qui connait ses victimes serait en train de sévir sur New-York ? Hanté par ses soucis personnels et familiaux, Lucchesi va mener l'enquête...

Après avoir beaucoup apprécié Froid comme les sang et découvert Lucchesi dans Darkhouse, il était logique que je poursuive ma lecture d'Alex Barclay avec Last Call, suite directe de Darkhouse. Rentrée d'Irlande, on retrouve donc toute la famille Lucchesi avec les quelques démons qu'ils ont ramené dans leurs valises. Et je ne vous cacherai pas que ces démons occupent malgré tout une place importante dans l'histoire !

Au delà de ça, je ne vais pas vous mentir, quitte à décevoir la fan d'Alex Barclay qui m'a prêté ce polar, je n'ai pas accroché plus que ça à cette intrigue. J'ai rapidement eu ma petite idée concernant le tueur, et ait été très vite agacée de voir que les flics, qui l'avaient sous le nez, ne le voyait pas ! Bon, ceci dit, il n'y a pas que ça qui m'a un peu agacé, je dois le dire...

Il faut dire aussi que je me suis rapidement perdue au milieu de tous les personnages... Certains d'ailleurs sont les mêmes que dans Darkhouse et, alors que j'ai lu celui-là en mars dernier, ma mémoire les avait en partie effacés ! L'occasion d'ailleurs de vous conseiller de ne lire ce roman que si vous avez lu le premier, car même si l'auteur nous rappelle brièvement les principales étapes de l'intrigue précédente dans les premières pages du livre, on peut vite se perdre et ne pas comprendre les enjeux ou les réactions, notamment de Lucchesi et sa famille.

Après, côté style, si dans la narration et dans les dialogues Alex Barclay s'avère assez bonne, il faut qu'elle arrête de nous faire des petites explications en milieu de texte sur les services de la police de New-York, sur les logiciels qu'utilise Joe ou sur que sais-je encore car ces explications apparaissent totalement plaquées au milieu de la narration...

Enfin, et déception sans doute la plus importante : la fin... Alors que j'avais bien trouvé le tueur et que j'avais ma petite idée sur ses motifs, rien n'est venu affirmer ou infirmer cette hypothèse et je trouve qu'Alex Barclay nous laisse avec des mobiles relativement flous comparés à d'autres auteurs qui auraient pu pousser plus loin l'explication... Attention, je ne dis pas qu'on en comprends rien, jsute que les explications données m'ont semblé superficielles... Et cette fin, qui nous laisse en suspend concernant Duke Rawlings, qui nous dit des choses sans en dire, qui ne nous propose aucune réponse réelle... Non, j'aurai voulu plus !

Bref, un polar qui ne restera pas dans mes annales, un souvenir déjà lointain...

Une petite immersion au milieu des pages ?

"Le jour où mourra ta première victime, tu verras que le lendemain n'est pas très différent de la veille. Tu te réveilleras comme avant. Peut-être sauteras-tu le petit déjeuner, et même le déjeuner, mais tu finiras toujours par manger. Et tu dormiras. Et tu reprendras le rythme, mais plus le même. Il se peut que ton cœur s'affole un instant. Mais au moins il battra, celui-là." (p.8)

"Joe se tourna vers son Powerbook et cliqua sur son icône préférée : le stylo et l'encrier qui ouvraient Pages, un logiciel de graphisme permettant de créer un bulletin, un journal, une circulaire ou un tract en deux coups de souris. L'application proposait quantité de modèles aux couleurs éclatantes, avec des photos de gens heureux et souriants." (p.88)

"Vous vous souvenez de l'époque où, quand on regardait les information ou qu'on lisait le journal, on ne voyait jamais de sang ni de cadavre parce que tout était complètement aseptisé ? Après quoi, on s'est mis à nous montrer la réalité de la guerre et de la violence... Ça a eu du bon, dans une certaine mesure, puisque les gens ont pris conscience des horreurs qui se produisaient dans le monde. Aujourd'hui, le seuil de la pédagogie est largement dépassé. Maintenant, il s'agit surtout de satisfaire nos démons voyeuristes." (p.158)

A lire aussi :
Peu d'avis sur la toile, mais allez donc lire celui de Deliregirl qui a "trouvé ce livre policier un peu vide, sans vie et beaucoup trop classique" ;
Et selon Sofy, "l’accent est mis sur les sentiments, pas assez sur l’action et sur une psychologie plus approfondie."

Texte © Miss Alfie 2010 sauf citations.
Édition lue : Last call, Alex Barclay, traduit de l'anglas par Editch Ochs, Éditions J'ai lu, collection J'ai lu Thriller, 2008, 347 pages.