Ceux_quon_aimeDans une ville britannique, les destins d'un jeune magicien, d'un flic plein de culpabilité, d'une jeune femme maniaco-dépressive, d'un ancien flic et de sa fille vont se croiser autour d'un tueur en série qui kidnappe ses victimes et les laisse mourir de soif, tout en laissant penser à leurs proches par des mails et des sms que tout va bien pour elles...

Voilà rapidement le pitch de ce roman bien difficile à résumer car les points de vue et les personnages valsent entre eux au gré des chapitres. Mais rassurez-vous tout de suite, on ne s'y perd pas ! Steve Mosby signe au contraire un polar haletant avec Ceux qu'on aime, et tellement ancré dans notre époque qu'il en fait parfois froid dans le dos.

C'est une histoire qui pourrait se passer dans n'importe quelle grande ville (aucune ville n'est d'ailleurs citée dans le récit, et les lieux ne semblent se rapporter à aucune cité britannique spécifique...), n'importe quand et qui pourrait presque concerner n'importe qui à l'heure où l'on communique de plus en plus par sms et par mail, à l'heure où les lettres manuscrites se font de plus en plus rares et où, moi la première, je décroche de moins en moins mon téléphone et envoie de plus en plus de messages virtuels... Or, qui me dit que derrière le compte Facebook de ma cousine, c'est bien elle qui me donne des nouvelles ? Qui me dit que derrière le mail de cette amie que je n'ai pas eu au téléphone depuis longtemps, c'est bien elle ? C'est le postulat de départ de cette intrigue qui m'a interpellée... Si internet permet de développer ses relations, de s'en faire de nouvelles, quelle en est la qualité et la véracité ?... Bon, ceci dit, ne soyons pas complètement négatifs, internet et les relations virtuelles n'ont pas que du mauvais, loin de là, et ce n'est pas moi qui vous dirait le contraire !

A part ça, côté narration, comme je l'évoquais au dessus, la narration alterne entre les différents protagonistes de l'histoire, avec une spécificité pour les chapitres concernant Dave Lewis puisqu'ils sont narrés à la première personne, contrairement aux autres... Peut-être une manière de nous faire imaginer qu'il s'agit du récit que Dave fait des évènement à posteriori, après avoir recueilli le témoignage des autres personnes impliquées dans cette affaire... N'oublions pas que Dave est un peu journaliste aussi !... Cette alternance de point de vue permet une présentation tranquille de chaque personnage au début du roman, roman dont le rythme s'accélère sensiblement à la moitié du livre, lorsque les liens entre ces différents personnages a priori indépendants en partie les uns des autres commencent à apparaitre...

Ce polar m'a rappelé les romans que j'ai pu lire d'Alex Barclay (Darkhouse ou Froid comme le sang) : des histoires qui se mettent tranquillement en place et qui rassemblent tous les ingrédients pour nous tenir en haleine jusqu'à la chute finale... Cette chute finale, ce dénouement, j'en avais envisagé beaucoup d'autres pour Ceux qu'on aime, mais j'avoue que celui que nous propose l'auteur m'avait à peine effleuré...

Lu en quelques heures, ce polar reste de bonne qualité et m'incite à découvrir le premier roman de Steve Mosby déjà paru en France sous le titre Un sur deux et que Points n'hésite pas à metre au même niveau que Shutter Island de Dennis Lehane... Mouais, n'en faisons pas trop quand même, Shutter Island reste Shutter Island !!!

Enfin, parce que je sais que pour certains c'est un gage de qualité (et ça se comprend quand on voit leur catalogue), avant d'intégrer le catalogue de poche chez Points, ce roman a été publié en France chez Sonatine... Besoin d'en dire plus ?!

A lire aussi :
Pour Claude Le Noche, on retrouve la patte de Steve Mosby : "une tension oppressante, un art machiavélique de l’intrigue, une perversité sans égal" ;
Calypso s'est laissé embarqué dans l'histoire et n'a pas vu arriver le dénouement, et a donc "bien du mal à comprendre comment certains ont pu y parvenir" ;
Tu lis quoi résume assez bien les choses : "On croit toucher la solution au fur et à mesure que l’histoire avance mais Steve Mosby sait construire pas à pas pour nous garder en haleine jusqu’au bout." ;
Et enfin, un extrait de l'avis de Cunéipage à cause de qui j'ai craqué : "Prenant de chez prenant, ce roman se révèle retors et implacable ; la plume est efficace, l’intrigue glaçante, l’ambiance parfaite."

Texte © Miss Alfie 2010.
Édition lue : Ceux qu'on aime, Steve Mosby, traduit de l'anglais par ClémentBaude, Éditions Points, colletion Points Thriller,2010, 398 pages.