Mort_d_une_h_roine_rougeLe camarade inspecteur principal Chen est en train de pendre sa crémaillère dans le petit appartement qu'il vient d'obtenir quand il est informé qu'on a retrouvé le corps d'une jeune femme dans le canal. Le parti lui demande de mener l'enquête mais de rester discret, surtout lorsque le corps est identifié comme celui de Guan Hongying, travailleuse modèle du parti, et que l'affaire prend de ce fait un tour politique. Dans la Chine communiste de 1990, écartelée entre communisme et capitalisme, Chen devra jouer tout en finesse pour démasquer le meurtrier.

Voilà un polar bien original qui met en scène un policier plus poète et écrivain que détective... De quoi faire rapidement le rapprochement avec l'auteur de Mort d'une héroïne rouge, Qiu Xiaolong, écrivain chinois exilé aux États-Unis. Au fil des pages, Chen nous entraine de Shanghai à Canton et nous fait découvrir une Chine où l'on sent les prémisses du développement qu'on connait aujourd'hui. En 1990, les voitures étaient réservés à quelques élites, tout comme le téléphone, les familles s'entassaient dans une seule pièce et partageaient une cuisine et des sanitaires communs, on achetait pour quelques pièces des raviolis à des marchands ambulants...

Est-ce toujours ainsi ? Je n'en ai strictement aucune idée car, il faut bien l'avouer, je ne connais quasiment pas la culture chinoise et l'histoire de la Chine. A part savoir qu'il s'agit de l'un des plus grand et plus peuplé pays du monde, en passe de devenir un géant économique, je ne connais de la Chine que les nems et autres plats spéciaux ! La lecture de Mort d'une héroïne rouge aura donc au moins eu l'intérêt de me faire découvrir une culture totalement différente de la notre.

Côté intrigue, si vous aimez les courses-poursuites et les fusillades, passez votre chemin. Ce roman policier est calme et lent comme les poèmes et pensées de Confucius citées au fil de pages et que j'ai, je l'avoue, rapidement arrêté de lire... Je crois qu'on peut le dire : je suis hermétique à la poésie chinoise... Non, j'ai pas capté grand chose à ces vers débités ça et là et sensés illustrés un moment de la vie de Chen. Ceci mis à part, les personnages que l'on rencontre dans ce premier opus d'une série sont relativement attachants et l'on sent la difficulté de vivre tiraillé entre les contraintes du Parti et la modernité qui guette...

Globalement, voilà une série que je poursuivrai peut être si l'occasion se présente, plus pour son intérêt culturel que pour ses intrigues, avec juste la curiosité de mieux comprendre ce peuple.

A lire aussi :
Lisa s'est "régalée à la lecture de ses menus, de ses en-cas, de ses souvenirs culinaires" ;
Flo a "aimé voyager dans la ville avec Chen" ;
Pour Marc, "au final, l’intrigue se suit bien et l’auteur sait nous plonger dans une Shanghai moderne crédible et attachante" ;
D'autres avis chez Bob !

Texte © Miss Alfie 2010.
Image Mort d'une héroïne rouge, Qiu Xiaolong, Éditions Points (2002).