La_chuteAvril 1945. Le IIIe Reich vit ses dernières heures et Hitler s'est enfermé dans son bunker avec quelques proches. Dans quelques jours, il mettra fin à ses jours, laissant une Allemagne en ruine.

Je n'irai pas plus loin dans la présentation de ce film, car il n'y a rien à dire de plus sur le scénario. Tout le monde sait comment se termine la guerre, aucun suspense là dessus... En revanche, il va me falloir trouver les mots pour exprimer l'émotion que j'ai ressenti en regardant ce film... Émotion, déjà, n'est pas le terme adapté... Stupéfaction plutôt...

La_chute2Lors de sa sortie, en 2004, ce film d'Olivier Hirschbiegel a suscité une certaine polémique, certains reprochant au réalisateur de donner un visage trop humain à Hitler, de ne pas évoquer suffisamment le génocide juif et les camps de la mort. Certes, ce dernier point n'est quasiment pas abordé, si ce n'est à travers une petite phrase lâchée par Bruno Gantz qui campe Hitler, et qui se félicite d'avoir, au moins, pu nettoyer l'Allemagne du peuple juif... Mais sinon, il est vrai que les camps de la mort ne sont pas le sujet de ce film. Non, là, on se retrouve dans le quotidien du dictateur le plus effrayant de l'histoire de l'humanité, aux côtés de sa compagne Eva Braun, avec ses secrétaires, ses généraux... On les voit vivre au quotidien, dîner ensemble, évoluer comme tout à chacun... On voit aussi un petit homme qui se meurt, comme se meurt sa vision du monde. On voit un être qui est avant tout humain et qui rappelle que la barbarie nazi n'est pas l'œuvre de robots, mais bien d'un homme sans doute atteint de mégalomanie, La_chute3complètement intraitable, en dehors des réalités...

Ce n'est pas le premier film que je vois sur la seconde guerre mondiale, je suis aussi en pleine lecture de cette saga de Philip Kerr qui évoque à merveille ce contexte politique, mais j'avoue avoir eu très froid dans le dos en regardant La chute. Lorsque le générique de fin est apparu, il m'a fallu plusieurs minutes pour reprendre le cours normal des choses, car ce film est un véritable témoignage a priori réaliste car basé sur des faits historiques vérifiés (pour la plupart notamment, certaines libertés auraient cependant été prises, mais elles n'ont pas modifié ma vision des choses et n'ont aucunement provoqué chez moi de la compassion pour ces hommes et ces femmes à la botte d'un fou...).

La_chute4Certains reprochent aussi à Olivier Hirschbiegel d'avoir donné le sentiment que certaines personnes (généraux, personnel...) se sont trouvés embarqués de force dans cette histoire, contraints en quelque sorte, sans défenses... Je pense qu'avant toute chose, il faut se souvenir que nous avons à faire à des êtres humains, donc des personnes qui peuvent être prises de remords. Après, soyons bien clairs : je n'excuse aucunement leurs actes. Juste, ils sont humains, ce ne sont pas des robots, ils peuvent exprimer du désaccord avec un dictateur qui n'a plus aucune compassion pour son peuple et n'hésite pas à le mépriser puisque, comme il le dit, "Ceux qui survivront, ce sont les médiocres... Les bons sont tombés...". Et je crois que je préfère encore voir des meurtriers, des criminels, dont certains seront jugés à Nuremberg pour crime contre l'humanité, avoir un semblant de remord ou de pitié pour le peuple berlinois plutôt La_chute5que de voir le culte de la famille Goebbels à Hitler et la froideur avec laquelle ils le suivent, coûte que coûte...

Ce film est en effet à prendre avec un certain recul. Pour ma part, je l'ai regardé comme un documentaire, pour mieux réaliser ce que j'avais déjà eu l'occasion de lire... Mais il reste en tout cas un film grandiose à mon avis.

Texte © Miss Alfie 2010.
Images La chute, Olivier Hirschbiegel (2004).