Le_livre_de_joeQu'on se le dise : le jour où l'envie vous prend de pondre un roman soit disant fictif où vous vous inspirerez de votre enfance et vous reprendrez pour cadre la ville et les voisins qui vous ont vu grandir, mieux vaut y réfléchir à deux fois. Surtout quand dans ce roman complètement- fictif-et- pas-du-tout- autobiographique- voyons, on balance à qui mieux mieux. Et tout ça parce que vous ne serez jamais à l'abri de revenir dans la dite ville le jour où votre père sera au seuil de sa vie. Mais cette dernière hypothèse, Joe Goffman ne l'avait pas forcément envisagé, ou du moins il n'avait pas envisagé l'accueil que lui réserveraient les habitants de Bush Falls le jour où il viendrait retrouver son père et son frère...

Voilà globalement la base du premier bouquin de Jonathan Tropper traduit en français, Le livre de Joe. Et ma foi, ce n'est pas moi qui vais vous le déconseiller. Certes, l'histoire est "facile" (l'écrivain tête à claques qui va peu à peu faire son méa culpa), le cadre du livre bien américain (de l'équipe de basket du lycée aux fast food en passant par le site romantique où les ados en rut se retrouvent le samedi soir), mais on le referme avec une pointe de nostalgie et de colère.

Enfin, surtout de colère pour ma part. De la colère en me rendant compte que la connerie est finalement universelle et que même en roman, elle peut faire des dégâts. La connerie qui touche les ados et qui provoque bien souvent des drames. Et dans ce livre, le drame qui arrive n'est finalement pas anodin puisqu'il touche à un sujet très tabou dans la société américaine.

Je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue aux visiteurs de ce blog qui n'auraient pas encore lu ce roman, mais je vous invite à le découvrir. Le style n'est pas grandiose, mais l'histoire se lit bien, on accroche vite aux personnages, même si certains sont un peu caricaturaux, et l'on passe un bon moment avec monsieur Tropper. Ok ?!

Texte © Miss Alfie 2010.
Image Le livre de Joe, Jonathan Troper, Éditions 10/18 (2009).