le_jeu_de_l_angeBarcelone, dans les années 1920. David Martin travaille au journal La voz de la industria. Un soir, le rédacteur en chef le convoque et lui propose de remplacer au pied levé l'absent du jour pour remplir la dernière page du journal. David va lui proposer le premier épisode d'un feuilleton qui va le faire connaître au grand public. Cependant, alors que le succès sourit à son protecteur, Pedro Vidal, David Martin peine à se faire reconnaître jusqu'au jour où un étrange éditeur parisien lui propose une grosse somme d'argent pour l'écriture d'un livre étonnant... Mais l'arrivée dans sa vie de cet éditeur va changer beaucoup de choses et le mystère va s'épaissir quand les morts vont jalonner la route de David...

Après L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafon nous entraîne à nouveau dans une ville de Barcelone fort étrange, baignée de mystères et d'intrigues. Proposé dans le cadre d'un partenariat entre les éditions Robert Laffont et Bob, c'est avec plaisir que j'ai entamé Le jeu de l'ange en espérant retrouver le même engouement que celui ressenti à la lecture du précédent roman de l'écrivain. Les premiers avis parus sur la toile m'ont interrogé : à première vue, il semblerait que ce deuxième roman traduit en français mais se passant avant le premier publié rencontre moins de succès... Ah ? Bon, essayons d'oublier, et partons à la découverte du passé...

Et sincèrement, je vais m'inscrire en faux par rapport à quelques avis déjà découverts puisque pour ma part, j'ai passé un bon moment malgré tout avec David Martin. Certes, le héros est parfois plus proche de la tête à claque que du saint, mais cela le rend aussi plus humain. Oui, il est égoïste, quelque peu imbu de lui même et retranché derrière une carapace visant à se protéger. Mais il est humain... Il est comme tout à chacun, espérant rencontrer le succès qu'il sent en lui, prêt à vendre son âme au diable au final pour être célèbre. Car c'est finalement ce que je ressors de ce livre : faut-il accepter toute les compromissions possibles et imaginables pour arriver à être célèbre ? La célébrité et la reconnaissance sont-elles les deux seuls moyens d'être heureux ?

Ceci dit, si ce moment passé fut si bon, c'est aussi parce que j'ai eu beaucoup de plaisir à partir dans le passé du petit Daniel de L'ombre du vent et de faire la connaissance de son père et de son grand-père, de retrouver cette librairie qui ne change pas et le cimetière des livres oubliés. En créant des passerelles entre les deux histoires, Carlos Ruiz Zafon m'a donné l'impression de relater une saga et je m'attends presque à ce que le prochain roman nous parle peut-être d'Isabella ou de ses parents, à moins que ce ne soit de Barcelo, le vieux libraire que l'on retrouve dans les deux histoires également... En nous proposant de retrouver des personnages déjà connu, on dirait que l'auteur nous invite à revenir à une soirée où l'on sait que certaines personnes que l'on a déjà apprécié seront là et que l'on pourra en découvrir plus sur elles...

Ceci dit, contrairement au précédent roman, j'invite les lecteurs, notamment les cartésiens comme moi, à se laisser aller, à accepter l'histoire telle quelle est, sans se poser de questions... Et à ce moment-là, la magie ne peut qu'opérer !

A lire aussi : Elfique est arrivée "au bout de la lecture avec beaucoup de peine" ;
Karine :) n'a pas "ressenti le violent coup de cœur que que j'ai eu avec L'ombre du vent mais l'amour de livres et l'atmosphère l'ont réellement charmée! " ;
Belle de nuit rappelle que "cet opus n'a rien à voir avec son précédent ouvrage" ;
Pour découvrir d'autres avis, rendez-vous sur Bob !

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Le jeu de l'ange, Carlos Ruiz Zafon, Éditions Robert Laffont
(2009).