genesisQu'a pu raconter le docteur Baresi en confession à l'abbé Azetti pour que celui-ci se précipite séance tenante à Rome ? Pourquoi les autorités vaticanes ne réagissent-elles pas ? Quelle est cette organisation qui semble au contraire, elle, déterminée à agir ? Quel est le lien qui existe avec cette jeune femme et son petit garçon assassinés avant que leur maison ne soit brûlée ? Qui est cet étrange meurtrier qui refuse de parler ? Ce sont toutes les questions auxquelles va tenter de répondre Joe Lassiter après la mort de sa soeur et de son neveu, des Etats-Unis au fin fond de la campagne italienne.

Dès les premières pages, John Case, ou devrai-je plutôt dire Jim et Carolyn Hougan, le couple qui se cache derrière ce pseudonyme pour écrire à quatre mains des romans policiers, nous abreuve de questions puisque rien ne filtre. Le secret de la confession est tellement intact que même nous, lecteurs, ne comprenons pas ce qui peut mettre l'abbé Azetti dans un tel état. Ok, l'Eglise est plutôt contre la contraception, la procréation médicalement assistée et autres "progrès" notamment en matière de gynécologie. Mais quand même, qu'a bien pu faire ce gynécologue réputé pour qu'un tel ouragan déferle par le biais d'une société un brin extrémiste... Comment ça, je suis gentille en disant "un brin" ?!!!
Autant vous dire que le suspense est à l'ordre du jour dans ce premier roman du couple, mais pas uniquement puisque Jim Hougan est un journaliste d'investigation qui semble bien connaître son sujet. Dans ce roman publié aux Etats-Unis en 1997, un an plus tard en France, science et religion font plus de bon ménage ! On y parle procréation médicalement assistée et même cellule souche, des concept plus ou moins avancés qui, si l'on se souvent bien, n'était en effet pas monnaie courante il y a dix ans... Tout comme l'idée d'introduire la religion et ses dogmes, ses croyances dans un polar, ce qui sera largement utilisé par la suite dans des roman comme Da Vinci Code ou Le dernier templier, pour n'en citer que deux. Genesis apparaît, si on replace sa lecture dix ans en arrière, extrêmement ambitieux et l'on oublie presque qu'il y a dix ans, les ordinateurs n'avaient pas la puissance d'aujourd'hui, et que la science n'était pas aussi avancée qu'elle ne l'est désormais... Et surtout qu'elle communiquait sûrement moins sur ses découvertes !
Un bémol cependant, la fin du bouquin. L'épilogue... Mais pourquoi avoir fait ça ?!!! Ok, les 3 premières pages de l'épilogue valent le coup. Mais franchement, la dernière, non non et non ! Jusque là, on peu imaginer, supputer, en restant très terre à terre. Mais là, la dernière page fout tout en l'air et fait regretter de ne pas avoir refermé le livre à la fin du dernier chapitre, quand tout semble éclairci, et que même si des doutes peuvent apparaître, ils se marient très bien avec l'histoire... Pourquoi toujours vouloir donner une réponse aux lecteurs ?...
A l'exception de ce bémol, Genesis est un excellent thriller, haletant à souhait, intriguant et mystérieux, comme la science et comme l'Eglise catholique...

A lire aussi : L'avis de Robert Sebille.

A découvrir : Le site internet de John Case.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image Genesis, John Case,
Éditions Livre de Poche (2000).