978226404855431 août 1889. Un homme arrive dans une maison, pressé. Il grimpe les escaliers, ouvre une porte et se retrouve face au plus terrible des spectacles : un jeune homme égorgé, dont le corps gît, entouré de bougies, dans une atmosphère baignée d'encens. Cette homme, effaré par le spectacle, c'est l'écrivain Oscar Wilde. Devant lui, l'une de ses connaissances, le jeune Billy Wood. Aidé de son ami et futur biographe, Robert Sherard, Oscar Wilde va avoir à coeur de découvrir le terrible assassin.

Cela faisait bien longtemps que ce titre de Gyles Brandreth trônait dans ma liste à lire, et il aura fallu une journée au salon du livre de Paris pour que je craque et que je le ramène. Tout, dans ce roman, m'attirait : la couverture aux couleurs acidulées, l'idée de mettre en scène de manière fictive un écrivain célèbre, me retrouver à nouveau à Londres à la fin du 19e siècle... Tout m'inspirait, et je ne suis pas déçue !
Je n'ai, je l'avoue, jamais lu d'ouvrages d'Oscar Wilde, même pas le "fameux" portrait de Dorian Gray. Cela m'aurait peut-être donné plus de billes pour comprendre les subtiles références qui sont faites au cours du livre à l'oeuvre de l'écrivain anglais à scandales, mais j'avoue que cela ne m'a en rien déstabilisé. Au contraire, ce fameux roman est évoqué tout au long du livre puisqu'Oscar le rédige tout en menant l'enquête. Et en entendre parler ainsi m'a presque donné envie de m'y plonger. En attendant, au delà des biographies officielles, cette manière de mettre en scène des personnages réels, et parce que Gyles Brandreth connaît parfaitement le monde d'Oscar Wilde, permet de mieux connaître et mieux comprendre une figure de la littérature haute en couleurs.
Quant à l'enquête, ce fut un vrai régal... Contemporains, Oscar Wilde et Arthur Conan Doyle le sont. Mais ils étaient aussi amis, tout autant dans la vraie vie que dans la fiction que Gyles Brandreth nous offre. Une fiction où Sherlock Holmes n'est jamais loin puisqu'en bon admirateur du travail de son ami, Oscar Wilde compte résoudre l'énigme qui l'occupe en appliquant les méthodes du célèbre inspecteur : observation et déduction. En grande admiratrice de l'oeuvre de Conan Doyle, même si je n'en ai jamais parlé ici il est vrai, ce fut un véritable régal que de replonger dans la structure d'une oeuvre où l'on découvre peu à peu des indices, et qui se termine par une démonstration finale, "à la Sherlock Holmes" ! Mais aussi d'en apprendre un peu plus sur le père du détective, père qui me faisait étrangement penser à son fameux acolyte, le docteur Watson...
L'inspiration holmesque de Brandreth est donc indéniable, ne serait-ce que dans la manière de présenter Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, puisque Robert Sherard fait office de docteur Watson, relatant les aventures de son ami et mentor.
Deux petits bémols cependant. Tout d'abord, certaines expressions, ou certains mots (je pense à "comme si nous avions flirté à un enterrement", page 338), qui m'ont étonné par leur modernité... Existaient-ils déjà à la fin du 19e ?... Malgré tout, rien à redire dans l'ensemble !... Si ce n'est que par principe, comme je refuse d'acheter ces nouveaux 10/18 qui sortent en grand format, je vais être obligée d'attendre une année pour lire la suite qui vient de sortir en France, Oscar Wilde et le jeu de la mort, en espérant que ce deuxième volet sera à la hauteur du premier... En attendant, ne reste plus qu'à découvrir ce fameux Dorian Gray et, pourquoi pas, à retrouver monsieur Holmes !

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Texte © Miss Alfie 2009.
Image Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, Gyles Brandreth, Éditions 10/18 (2008).