Salon_du_livre_Paris___1Hier, dimanche 15 mars 2009, à l'heure où, légalement, j'aurai dû me trouver au chaud sous la couette avec monsieur, j'ai tiré ce dernier du lit pour qu'il me conduise à la gare où je devais attraper le train de 7h06. Dur pour un dimanche matin, mais pour monter au salon du livre de Paris, que ne ferions-nous pas !
Quelques minutes avant, j'ai donc pris place dans le train, mon billet imprimé sur le net pour éviter les files d'attente dans le sac, tout comme mon petit carnet pour noter mes impressions sur le vif, mon baladeur pour éviter les discussions des voisins dans le train et un roman qui aura fait l'aller mais aura été achevé à peine le voyage de retour commencé (y a qu'à voir pour se rendre compte de l'organisation...) !

Deux heures et demi plus tard, je descendais du train, posant le pied sur le quai de la gare de Lyon, fonçant vers le métro en suivant les indications de mon trajet imprimé sur le site des transports parisien (entre parenthèses, vérifiez vos trajets, j'ai noté une légère incohérence dans le mien !...). Et c'est ainsi qu'aux alentours de 10h30, j'ai franchi, toute guillerette, les portes du salon du livre. Je n'en croyais pas mes yeux : tant de place, tant de stands, et tous dédiés aux livres !... Émerveillée, à l'affut, je me lance donc dans les allées, à la recherche de la perle rare...

Six heures plus tard, c'est avachie sur un siège de métro que vous me retrouvez, le sac à dos plein de bouquins et le compte en banque pas si vidé que ça, mais les jambes et le dos cassés d'avoir piétiné et attendu toute la journée !
Salon_du_livre_Paris___12Contrairement aux deux salons que j'avais déjà fait à Saint Malo et Besançon, celui de Paris est incomparable. Déjà par sa taille. Mais aussi par le fait que ce sont les éditeurs qui exposent directement, et non des librairies comme sur les autres. Mais trop de stands tuent les stands, trop de dédicaces tuent les dédicaces. Alors certes, j'ai fait d'agréables rencontres (Brigitte Aubert, Liliane Korb et Laurence Lefèvre qui signent sous le nom de Claude Izner (et dont j'ai capté les visages pendant une interview), Jean-Marie Blas de Roblès ou encore Denis Falque), mais elles concernent uniquement des auteurs que je connaissais pour avoir déjà lu des ouvrages d'eux ou par réputation. Je n'ai pas, comme aux Mots Doubs de Besançon, découvert des auteurs inconnus... Le temps ne me le permettait pas... Six heures pour arpenter toutes les allées et découvrir tous les stands ? Impossible. Il aurait au moins fallu deux jours, le temps de bien s'imprégner des choses et de pouvoir également profiter des animations et des conférences...

Alors certes, le compte en banque aurait pu en prendre un sacré coup. Sauf qu'acheter un bouquin que je trouve dans la librairie où j'ai mes habitudes, je n'en vois l'intérêt que si je peux obtenir une dédicace et échanger avec l'auteur.
Pour le premier aspect, j'ai fait ce que j'ai pu, mais n'ai accepté de faire une queue de deux heures que pour la bande dessinée que j'ai ramenée à monsieur (oui, les dédicaces de BD, c'est toujours long, la faute aux "gribouillis" que font les dessinateurs !). En revanche, j'en ai vu qui n'avais pas peur d'attendre deux heures l'arrivée de Maxime Chattam, Guillaume Musso ou encore Douglas Kennedy !
Pour le second, qui est le contact avec les auteurs, je suis sincèrement restée sur ma faim. N'ayant finalement pas obtenu beaucoup de dédicaces, j'ai vu peu d'auteurs, mais tous m'ont semblé pressé par le temps et par le monde qui attendait derrière. Impossible donc d'échanger plus de deux mots, de leur demander le pourquoi du sujet ou ce qui les a conduit à devenir écrivain. Juste quelques mots rapides. A l'inverse, le salon de Besançon que j'ai fait en septembre dernier étant plus petit, la foule y est bien moindre et les auteurs avaient pris le temps de discuter, de savoir ce qui avait pu plaire dans leur roman, de répondre à quelques questions... Il me semblait hier que le rythme de vie électrique de Paris avait envahi les stands...

A ce sujet, j'avoue avoir aussi été un peu déçue par les gens autour de moi. Quand je fais un salon du livre, je m'attends à rencontrer des gens aussi intéressés par la littérature que moi, et qui auront la même envie que moi de la partager. Il ne me semble donc pas incongru d'essayer d'engager la conversation avec quelques personnes dans la file d'attente d'une dédicace. Mais bon, visiblement, parler de L'élégance du hérisson avec une inconnue n'est pas dans les compétences des deux parisiennes qui étaient devant moi... (et je sais qu'elles sont parisiennes parce qu'elles l'ont dit dans la conversation, ce n'est pas une extrapolation liée à des clichés sur les parisiens !!!).
Salon_du_livre_Paris___13Manque de bol pour moi, la seule file d'attente où on a voulu me causer est celle de la dédicace de bande dessinée (bande dessinée malmenée puisque pendue dans le vide au dessus de son dessinateur par deux espèces de pinces à linge, la pauvre !)... Faut dire aussi que la personne qui tentait désespérément de me causer était de sexe masculin et semblait vouloir me draguer. Sauf que même s'il avait pu me plaire, l'ouverture de son sac de sandwichs m'aurait tout de suite fait fuir : j'ai d'ailleurs fortement résisté pour rester dans la file quand une odeur abominable de camembert trop fait s'est répandue autour de nous. Non, ce n'est pas une odeur de camembert ni même deux heures d'attente qui m'empêcheront de ramener une dédicace à mon homme ! Quant au jeune homme, si on peut encore parler de jeune homme, quelle ne fut pas sa déception quand je finis par lui dire que non, les BD, ce n'était pas mon truc, et que si j'étais là, c'était pour mon copain qui lui, en lisait beaucoup... Désolée monsieur, mais je ne suis pas la jeune fille amatrice de BD que tu recherches pour en faire ta moitié !!!
Tout ça pour dire qu'en sortant, je me suis demandée si le plus grand et le plus sympathique salon du livre n'était pas la blogosphère des blogs de lecteurs...

Tout ça pour dire, et je félicite les lecteurs qui seront arrivés jusque là, que maintenant, je pourrai dire que j'ai fait le salon du livre. Mais que désormais, je me contenterai des Mots Doubs, à une descente de côte et une traversée du Doubs de chez moi, avec son entrée gratuite et sa petite vingtaine de stands où, à force de fouiner, on finit par faire de jolies découvertes...
Alors, à vous lecteurs qui n'avez pas, pour une quelconque raison, pu y aller, dites vous que vous trouverez sûrement un plus petit salon, pas très loin de chez vous, où vous passerez d'aussi bons moments mais profitez malgré tout de ce petit pot-pourri d'images !

Multi_salon_du_livre