9782742770311Pour la troisième et dernière fois, Lisbeth Salander et Mickael BlomkvistBlomkvist vont s'allier pour mettre au jour des secrets d'état qui ont conduit à d'énormes erreurs judiciaires grâce à l'équipe de Millénium ainsi qu'aux nouvelles technologies.

Je ne dirai rien de plus concernant l'intrigue de ce roman, pour permettre aux chanceux ayant encore tout à découvrir de ne pas être déçus !

Suite directe de La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, La reine dans le palais des courants d'air continue le focus sur Lisbeth et nous en apprend un peu plus sur la nature profonde de cette jeune femme étrange qui nous est devenue plus ou moins familière. Cependant, même s'il est indispensable de le lire pour savoir ce qui va se passer après la fin rebondissante du deuxième tome de la trilogie, j'ai moins accroché sur ce dernier épisode. Pourquoi, je ne sais pas trop... Parce que je l'ai enchaîné tout de suite avec le deuxième ? Parce que l'action se centre sur l'enquête et non plus sur des actions proprement dites ? Parce que les personnages principaux sont noyés parmi une bonne douzaines de nouvelles têtes ? Sans doute un peu de tout cela...
Cependant, ce troisième tome de la trilogie créée par Stieg Larsson m'a laissé encore sur ma faim. Même si l'intrigue principale est résolue, Stieg Larsson a laissé, en mourant subitement, une série de roman avec des fils qui se baladent dans la nature... Extrêmement dommage qu'il n'ait pas eu la possibilité de finir le tricot de ses intrigues parallèles !...
Par ailleurs, pour reprendre un certain nombre de critiques et de remarques formulées dans d'autres billets, en effet, Larsson a créé des personnages parfois de manière manichéennes... Les gentils, comme Super BlomkvistBlomkvist, sont présentés très gentils, irréprochables, et ne mentant que dans l'intérêt d'autrui. A l'inverse, les méchants, comme ZalachenkoZalachenko, sont pourris jusqu'à la moelle, et jusqu'à la dernière page. Cependant, cette vision peut-être un peu simpliste des choses fait finalement rentrer les personnages dans des cases, dans des représentations, et on imagine mal un maquereau trafiquant de femmes russes avec un peu d'humanité et décidant de laisser la vie sauve à ses ennemis !
Car finalement, Larsson dresse, au fil de ces trois livres, une esquisse de la société moderne, suédoise mais européenne en règle générale. Une Europe où passer d'un pays à l'autre est à la portée d'un nourrisson, où les prostituées de l'est côtoient les bodybuildées féministes et indépendantes, où les scandales d'état sortent par le biais de la presse, où les nouvelles technologies de la communication permettent de gérer de n'importe où un compte bancaire à l'autre bout du monde et d'entrer en contact avec n'importe quelle personne ou n'importe quel ordinateur.
Au final, Stieg Larsson nous a offert en guise de cadeau d'adieu une sorte de condensé des idées qu'il défendait en tant que journaliste. Reste une dernière énigme sur ce roman : pourquoi ce titre, dont je n'ai pas bien saisi le sens contrairement aux deux premiers !

A lire aussi : La galerie d'avis sur BOB, parmi lesquels je vous conseille particulièrement celui de Sylvie qui lie Millénium à quelques "héros" suédois de la littérature, ou celui du Bibliomane qui propose une critique transversale des trois opus.

Texte © Miss Alfie 2009.
Image La reine dans le palais des courants d'air, Stieg Larsson, Éditions Actes Sud (2007).