9782709628679Paris, 1777. Une nuit de carnaval, un homme est retrouvé mort devant l'une des prisons de la ville. Visiblement le résultat d'une évasion ratée, un étrange mystère plane autour de cet inconnu que personne ne connaît. Commissaire au Châtelet, Nicolas Le Floch, Marquis de Ranreuil, ne tardera pas à s'engouffrer dans une intrigue touchant, une fois de plus, les secrets d'Etat.

Septième aventure de l'enquêteur imaginé par Jean-François Parot, Le cadavre anglais nous entraîne dans une double enquête aux contours parfois complexes, notamment en raison de la multiplicité des personnages secondaires, et très certainement incompréhensibles pour qui n'a pas lu les précédentes aventures du breton monté à Paris. En effet, depuis L'énigme des Blancs-Manteaux et L'homme au ventre de plomb, adaptés il y a peu pour France 2, Jean-François Parot mêle la fiction et l'Histoire, faisant évoluer des personnages créés de toutes pièces avec des personnalités plus que connues comme Louis XV, madame de Pompadour, et maintenant Louis XVI et Marie-Antoinette. De fait, en arrière plan, on retrouve quelques noms célèbres, comme Necker, ou encore monsieur de Sartine... Par ailleurs, d'un livre à l'autre, certains personnages revenants (Bourdeau, Semacgus, Noblecourt et toute sa maisonnée, mais aussi Louis et La Satin) très régulièrement, il devient de plus en plus nécessaire et important d'avoir une connaissance des premiers épisodes de manière à comprendre les tenants et les aboutissants de certains aspects des intrigues.
Cependant, comme à chaque fois, je me suis plongée avec délice dans cette aventure, non pas tellement pour l'intrigue, mais pour découvrir la suite de l'Histoire. En effet, le personnage de Nicolas se trouve en prise direct avec les émois de la société et du peuple, entend les grondements qui se font de plus en plus sentir et s'interroge... On voit ainsi se dessiner en fond un contexte social qui préfigure la Révolution de 1789... De quel côté le marquis-commissaire va-t-il alors pencher ? J'avoue être curieuse de découvrir la suite que le diplomate qu'est Jean-François Parot donnera aux aventures de ce charmant breton !
Une petite chose à signaler cependant : Jean-François Parot, spécialiste de l'Histoire du XVIIIe siècle, a un tel soucis des détails qu'il pousse la chose jusqu'à adopter des tournures de phrases de l'époque, nous plongeant d'office dans un siècle de dentelles et de coiffures fastueuses. Au risque parfois de rendre certaines tournures de phrases quelques peu lourdes et parfois même difficiles à comprendre... Je vous épargne bien évidemment les expressions d'alors qui sont expliquées en notes de fin, imposant de réguliers va-et-vient entre la lecture et les notes, fort intéressants, mais créant de multiples ruptures dans la narration...
Mais qu'importe ces petites critiques car l'ensemble de l'oeuvre de Jean-François Parot mérite le détour pour toute sa description de la société de l'époque, des moeurs quotidiennes aux toilettes, en passant par les spécialités culinaires et les enjeux politiques d'alliances matrimoniales et familiales.

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Texte © Miss Alfie 2008.
Image Le cadavre anglais, Jean-François Parot, Éditions Jean-Claude Lattès (2007).