imageMardi soir 28 octobre, France 2 a présenté l'adaptation attendue de L'homme au ventre de plomb, deuxième opus des aventures de Nicolas Le Floch écrites par Jean-Françis Parot. Ce premier téléfilm, en deux parties, réalisé par Edwin Baily, correspond en effet au deuxième roman de la série du diplomate qui connaît du succès chez les amateurs de polars et d'Histoire.

Ce roman n'est pas présenté sur ce blog, tout simplement parce que cela fait maintenant plusieurs années que j'ai eu la chance de le lire les quatre premiers tomes (L'énigme des Blancs-ManteauxBlancs-Manteaux (2000), L'homme au ventre de plomb (2000), Le fantôme de la rue Royale (2001) et L'affaire Nicolas Le Floch (2002)), à une époque où je n'avais pas encore de blog ! Toujours est-il que depuis, Le crime de l'hôtel Saint Florentin (2004) et Le sang des farines (2005) sont venus s'ajouter à ma bibliothèque, rejoints le week-end dernier par Le cadavre anglais sorti en 2007.
Chacun de ces romans met en scène un jeune enquêteur de police originaire de Guérande et entré au service du roi Louis XV, puis de son successeur, Louis XVI. Mais j'aurai certainement l'occasion de revenir plus longuement sur les qualités multiples de ces romans dès que je me plongerai dans l'histoire du cadavre anglais !

En attendant, je voulais ici vous parler de ce qui a enchanté mes mirettes hier soir, mais après avoir évoqué ce qui m'a laissé plus sceptique.
Tout d'abord ce choix de nous proposer en premier lieu le deuxième roman... J'attends maintenant avec impatience mardi prochain et la diffusion de L'affaire des Blancs-ManteauxBlancs-Manteaux qui avait l'avantage de présenter le personnage et le pourquoi de son arrivée à la capitale. D'autant que l'épisode d'hier pose la question aux spectateurs n'ayant pas lu le livre : pourquoi Nicolas Le Floch se présente-t-il à la cour sous le titre de Marquis de Ranreuil ?! Mais qu'importe.
Passons à ma déception suivante, le jeu de certains acteurs. En effet, j'ai apprécié de retrouver le langage châtié du roman, très adapté à l'époque, et la différence de ton entre Nicolas et son acolyte Bourdeau, et celui de la princesse Adélaïde ou la Pompadour par exemple. Cependant, pour ne prendre que le cas de l'actrice jouant la princesse Adélaïde, quelle déception lorsque je l'ai entendu prononcer ses premiers mots, comme si ce langage lui était totalement étranger et qu'elle récitait un texte sans intonation ni émotion ! Côté acteurs toujours, j'ai beaucoup apprécié la prestation de Mathias Mlekuz (Avocats et associés, Tout pour plaire, Pars vite et reviens tard) dans le rôle de Bourdeau, totalement conforme à l'image que je me faisait du second de Nicolas, un peu effacé mais toujours judicieux. Une petite déception concernant Nicolas que j'imaginais un brin plus jeune !
Enfin, et avant de passer aux plaisirs de cette diffusion, je ne sais trop que penser de la musique qui accompagnait ce film. Un peu trop moderne à mon goût, elle reste cependant entraînante et aidait à repérer rapidement la bande annonce dans les semaine précédant la diffusion très (trop ?) publicisée... J'aurai plus imaginé une musique baroque, mais j'avoue ne pas être une spécialiste en la matière, et peut-être cette musique convenait-elleconvenait-elle tout à fait à la période !... Si vous avez des avis sur la questions, je suis intéressée !

Ceci dit, ne voyons surtout pas tout en noir, et j'ai ressenti un grand plaisir à redécouvrir les aventures de ce policier, ancêtre des Experts d'aujourd'hui, et de retrouver au fur et à mesure le déroulement de l'enquête que j'avais lu. Bien évidemment, il n'était pas possible de tout transposer à l'écan ; je pense notamment aux descriptions culinaires qui émaillent les récits de Jean-François Parot, ces recettes de cuisine de l'époque qui mettent l'eau à la bouche. Et pourtant, les quelques interventions de Catherine, la cuisinière de monsieur de Noblecourt, m'ont fait sourire, me rappelant ces passages que j'appréciais lire !
Côté costumes, aucune déception non plus. J'ai notamment beaucoup apprécié le début du premier épisode, tandis que le jeune commissaire se promène parmi les belles et les beaux avant le début de la représentation théâtrale, et les gros plan sur les dentelles, les gorges et les bijoux. Ces prises de vue me rappelaient les descriptions là encore très précises et minutieuses des romans.

Bien évidemment, l'adaptation télévisuelle ne vaut pas la lecture de romans fort documentés et fort bien écrits, mais ils ont enchanté une froide soirée hivernale, me donnant un peu plus envie de me plonger dans le dernier opus sorti des aventures du Breton de Paris, aventures qui, peu à peu, se trouvent confrontées à un début de révolte au fil des années, 1789 se rapprochant peu à peu...

Texte © Miss Alfie 2008.