41DNUnqthiLArezou a la quarantaine, une fille de dix-neuf ans, une mère veuve et exigeante et un ancien mari d'avec qui elle a divorcé. Femme moderne iranienne, elle a repris l'agence immobilière de son père lors du décès de ce dernier et mène sa vie comme toute femme indépendante dans le Téhéran d'aujourd'hui entre sa famille et ses amis, entre le passé et le futur.

Rapidement, sans rien dévoiler de l'intrigue, c'est ainsi que je pourrai vous présenter ce roman iranien de Zoyâ Pizrâd sorti en 2007. L'an passé, j'avais eu l'occasion de lire une ou deux critiques plutôt intéressantes sur le livre, ainsi qu'un extrait, me confirmant mon désir de me le procurer lors de sa sortie en poche. Oui, il y a des livres comme ça, vous sentez que vous avez envie de les lire, mais que vider sa tirelire pour l'acheter lors de sa sortie ne vaudra pas forcément le coup. C'est un peu ce qui s'est passé avec On s'y fera, et j'ai attendu l'été 2008 pour me le procurer en livre de Poche. Ceci dit, je tiens tout d'abord à préciser que je n'ai pas du tout été déçue ! En même temps, après La meilleure part des hommes sur lequel je m'étais arrachée quelques cheveux, ce roman me semblait si facile, si reposant, si dépaysant !!!
Oui, car ce livre, avant toute chose, dépayse. Il nous entraîne dans l'Iran d'aujourd'hui, à Téhéran, dans une capitale moyen-orientale partagée entre tradition et modernité. C'est cela qui me vient à l'esprit quand j'y repense. La modernité d'une femme qui dirige une agence immobilière, divorcée, qui élève seule une post-ado encore un peu rebelle, qui sort avec sa meilleure amie et part en virée pendant deux jours entre filles. Le poids des traditions dans un pays où la police des mœurs fait des descente dans les centres commerciaux, où le remariage est encore plus mal vécu que le divorce, où le respect des aïeuls empêche les enfants de vivre leur vie.
Cependant, je regrette quelque peu, à l'instar de beaucoup de lecteurs si j'en crois les critiques glanées ici et là sur le net, la superficialité de l'histoire. Une comédie romantique où les traditions intriguent, puisque fort différentes de celles d'Occident. En fait, je crois que j'aurais aimé plus de descriptions de Téhéran, des vêtements des personnages, des habitudes de vie, de décors en règle général. Côté alimentaire, rien à redire ceci dit, puisque tous les plats cités invitent au voyage rien qu'avec leur dénomination ! Mais il est vrai qu'il manque un peu de fond, un peu de sociologie ou d'anthropologie. Toutefois, je peux comprendre ce que je ressens comme un manque d'information. En effet, les auteurs français décrivent-ils la manière de s'habiller ou le dernier cri en matière de déco d'intérieur ? Non, parce qu'on a sans doute une tendance à l'ethnocentrisme, et que ce qui est notre quotidien nous est tellement familier qu'il semble incongru d'aller le décrire dans les moindres détails. Alors pourquoi ce sentiment de manque ? Peut-être simplement parce que je suis moi aussi fortement ethnocentrée sur la culture occidentale et que lire un roman iranien m'a fait le plus grand bien et m'incite même à dénicher quelques romans similaires qui me donneraient une autre vision de ce pays et de cette région que celle généralement communiquée par les médias !

A lire aussi : Les avis plutôt partagés de Clarabel, de Praline, de Lina Ribeiro, de Tamara ou encore de Malice.

Texte © Miss Alfie 2008.
Edition lue : On s'y fera, Zoyâ Pirzâd, traduit par Christophe Balaÿ, éditions Le Livre de Poche, collection Littérature & Documents, 2008, 316 pages.