Le_nom_de_la_roseFaut-il encore présenter Le nom de la rose à l'heure actuelle ? Ceux qui n'ont pas lu le livre connaissent forcément le film éponyme de Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery ! Oui, mais malgré tout, je vais m'attarder sur le fond de cette histoire que je ne connaissais moi même que de réputation jusqu'à ces dernières semaines. Repartons donc dans le passé...
Adso de Melk est au crépuscule de sa vie quand il décide de relater l'étrange semaine qu'il passa avec son maître, le franciscan et ancien inquisiteur Guillaume de Baskerville, en l'an de grâce 1327 dans une abbaye bénédictine entre l'Italie et la France. Novie, Adso est alors le secrétaire d'un moine à la réputation brillante et accompagne son maitre chargé d'organiser une rencontre au sommet visant à réunifier la chrétienté divisée entre ceux partisans d'une Eglise riche et ceux partisans de la pauvreté. Face à face, vont se retrouver des représentants des deux clans pour tenter de trouver un terrain d'entente entre leurs dogmes, mais aussi entre la politique du pape Jean XXII et celle de l'Empereur Louis IV du Saint Empire. Cependant, dès leur arrivée, Le moine et son novice vont se rendre compte que la tâche est loin d'être aussi simple, un moine de l'abbaye ayant été retrouvé mort peu avant leur arrivée. Le père abbé, connaissant la réputation de Guillaume, va le charger de résoudre cette mort étrange, première d'une longue et angoissante série.

Je n'irai pas plus loin concernant la trâme de cette histoire car ce serait vous dévoiler toute l'originalité de l'intrigue qui mêle, une fois plus, l'Histoire, la religion et une enquête policière. Umberto Eco, non content d'être un philosophe et un sémiologue de renom, est également un brillant écrivain qui nous entraîne au Moyen-Âge dans un monde en plein conflit religieux et politique.
Bien que j'ai énormément apprécié ce roman, j'émettrais plusieurs réserves, notamment sur son accessibilité au grand public. En effet, les nombreux passages en latin, bien que ne remettant pas en cause la compréhension générale de l'ouvrage, coupent le texte pour qui ne maîtrise pas cette langue morte. Par ailleurs, pour qui garde de mauvais souvenirs des longues descriptions de Zola ou de Proust, nombre de pages risqueront d'être sautées, ce qui fut mon cas, hélàs, plus intéressée que j'étais pas l'évolution de l'enquête, ou même par les enjeux politiques cachés derrière les dogmes des différents ordres religieux, que par les descriptions, malgré tout fort intéressantes, des différents lieux, décors, ou même pensées des personnages.
Enfin, ne vous inquiétez pas si, la dernière page achevée, vous vous interrogez sur la signification du titre : un petit tour sur le net vous permettra de vous rendre compte que vous n'êtes pas plus stupides que les autres lecteurs qui ont été nombreux à se poser la question, et qui sait si vous n'en découvrirez pas l'explication au hasard d'un clic...

A noter que le livre d'Umberto Eco a reçu le Prix Médicis Etranger en 1982 et que Jean-Jacques Annaud l'a adapté au cinéma en 1986.

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Texte © Miss Alfie 2008.
Edition lue : Le nom de la rose, Umberto Eco, traduit de l'italien par Jean-Noël Schifano, éditions Livre de poche, collection Littérature & Documents, 2002, 640 pages.