vendredi 12 septembre 2008

Le nom de la rose - Umberto Eco

Le_nom_de_la_roseFaut-il encore présenter Le nom de la rose à l'heure actuelle ? Ceux qui n'ont pas lu le livre connaissent forcément le film éponyme de Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery ! Oui, mais malgré tout, je vais m'attarder sur le fond de cette histoire que je ne connaissais moi même que de réputation jusqu'à ces dernières semaines. Repartons donc dans le passé...
Adso de Melk est au crépuscule de sa vie quand il décide de relater l'étrange semaine qu'il passa avec son maître, le franciscan et ancien inquisiteur Guillaume de Baskerville, en l'an de grâce 1327 dans une abbaye bénédictine entre l'Italie et la France. Novie, Adso est alors le secrétaire d'un moine à la réputation brillante et accompagne son maitre chargé d'organiser une rencontre au sommet visant à réunifier la chrétienté divisée entre ceux partisans d'une Eglise riche et ceux partisans de la pauvreté. Face à face, vont se retrouver des représentants des deux clans pour tenter de trouver un terrain d'entente entre leurs dogmes, mais aussi entre la politique du pape Jean XXII et celle de l'Empereur Louis IV du Saint Empire. Cependant, dès leur arrivée, Le moine et son novice vont se rendre compte que la tâche est loin d'être aussi simple, un moine de l'abbaye ayant été retrouvé mort peu avant leur arrivée. Le père abbé, connaissant la réputation de Guillaume, va le charger de résoudre cette mort étrange, première d'une longue et angoissante série.

Je n'irai pas plus loin concernant la trâme de cette histoire car ce serait vous dévoiler toute l'originalité de l'intrigue qui mêle, une fois plus, l'Histoire, la religion et une enquête policière. Umberto Eco, non content d'être un philosophe et un sémiologue de renom, est également un brillant écrivain qui nous entraîne au Moyen-Âge dans un monde en plein conflit religieux et politique.
Bien que j'ai énormément apprécié ce roman, j'émettrais plusieurs réserves, notamment sur son accessibilité au grand public. En effet, les nombreux passages en latin, bien que ne remettant pas en cause la compréhension générale de l'ouvrage, coupent le texte pour qui ne maîtrise pas cette langue morte. Par ailleurs, pour qui garde de mauvais souvenirs des longues descriptions de Zola ou de Proust, nombre de pages risqueront d'être sautées, ce qui fut mon cas, hélàs, plus intéressée que j'étais pas l'évolution de l'enquête, ou même par les enjeux politiques cachés derrière les dogmes des différents ordres religieux, que par les descriptions, malgré tout fort intéressantes, des différents lieux, décors, ou même pensées des personnages.
Enfin, ne vous inquiétez pas si, la dernière page achevée, vous vous interrogez sur la signification du titre : un petit tour sur le net vous permettra de vous rendre compte que vous n'êtes pas plus stupides que les autres lecteurs qui ont été nombreux à se poser la question, et qui sait si vous n'en découvrirez pas l'explication au hasard d'un clic...

A noter que le livre d'Umberto Eco a reçu le Prix Médicis Etranger en 1982 et que Jean-Jacques Annaud l'a adapté au cinéma en 1986.

A lire aussi : Les critiques du blog éclectique, de Pauline ou encore de Dominique.

Texte © Miss Alfie 2008.
Edition lue : Le nom de la rose, Umberto Eco, traduit de l'italien par Jean-Noël Schifano, éditions Livre de poche, collection Littérature & Documents, 2002, 640 pages.

Posté par Miss Alfie à 15:36 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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Commentaires sur Le nom de la rose - Umberto Eco

    J'ai adoré ce formidable roman parce qu'il allie l'intrigue policière à l'histoire politico-religieuse de l'époque truffée de fanatismes aux relents si modernes.
    Suivant ton conseil, j'ai parcouru le net et vu qu'Eco lui-même laissait la question ouverte sur ce titre, qui peut dès lors signifier "Le Mystère" ou "Les disputes sur le Nom"

    Posté par sybilline, vendredi 12 septembre 2008 à 16:14 | | Répondre
  • @ Sybilline : Je vais me plonger rapidement dans sa version cinématographique, histoire de voir de quelle manière ce contexte a été retranscrit.

    Posté par Miss Alfie, mardi 16 septembre 2008 à 11:30 | | Répondre
  • A lire en effet ! J'ai aussi aimé le film (avec Sean Connery, hum)qui est une bonne adaptation du livre.

    Posté par keisha, vendredi 3 octobre 2008 à 20:37 | | Répondre
  • @ Keisha : Tout à fait, et bien plus abordable !

    Posté par Miss Alfie, lundi 6 octobre 2008 à 10:33 | | Répondre
  • j'ai beaucoup apprécié le livre et le film! C'est chaque fois, un chef-d'oeuvre!

    Posté par Sourifleur, mardi 16 juin 2009 à 23:32 | | Répondre
  • La prouesse d'Eco, c'est justement de rendre le roman digeste avec des passages difficiles. Les citations latines? On les zappe. Rien ne sert de tout comprendre, certains passages sont objectivement hermétiques, comme le débat sur la pauvreté du Christ. Pourquoi le lire alors? Le style est riche, le texte est documenté et instructif, et l'intrigue riche en rebondissements et très bien construite. Le nom de la rose fait partie de mes romans/polars préférés.

    Posté par Nicolas, lundi 29 juin 2009 à 21:53 | | Répondre
  • Uen vraie somme,ce livre.Le seul que j'aie lu deux fois dans la foulée,sans appréhender le tout bien sûr.C'est la force de ce livre.Fermé il reste ouvert dans un coin de notre mémoire. Adaptation très estimable au cinéma car ce n'était pas facile.

    Posté par Eeguab, dimanche 18 juillet 2010 à 10:59 | | Répondre
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